C . A . G . E .
Citoyens Anti Gouvernement Envahissant -- Citizens Against Government Encroachment
 

 

 

 

ARTICLES

Dans cette section, nous vous proposons des articles digne de mention que nous avons lu ou qui nous ont été soumis par nos membres et lecteurs. 




AVIS À NOS MEMBRES ET VISITEURS :

 

À partir du 8 novembre 2007, cette section sera transférée à notre blog bilingue au http://cagecanada.blogspot.com/  où nous publierons tout article sélectionné et commentaire. Nous vous invitons à y publier également vos propres commentaires.  Les articles qui s’y trouvent présentement dans la section ‘’articles’’ de ce site demeureront archivés pour consultation future.








 

6 novembre 2007 - On choisit une condition humaine, on la qualifie de pandémie débilitante, on la vend au public à coups de milliards, on crée un climat social qui dénormalise la ''condition'' de ceux qui en ''souffrent'', et par après on se déclare sauveur du monde ! 

Assez typique et prévisible.  D'ici 5 ans lorsque la pilule miracle qui fait maigrir sera testée à travers le monde, la société sera assez mure pour qualifier l'obésité ou le simple surplus de poids, de maladie qui doit être combattue par des médicaments.  Remarquez dans la propagande comment qu'on prend souvent soin de qualifier les sujets de ''patients'' lorsqu'on parle d'obésité.  L'obésité n'est pas plus une maladie qu'est le fait de fumer.  Mais à force de se faire marteler dans la tête subtilement des mots comme ''patients'', le monde finira par voir l'obèse  comme un ‘’malade’’ tout comme on en est rendu à considérer le fumeur comme un malade. 

On peut être obèse ou en surplus de poids sans être malade, tout comme on peut fumer sans être malade !  Qu'on se le dise: Facteur de risque élevé, n'est pas un synonyme de maladie. 

Extrait d’un article de Cyberpresse

Essais cliniques: de la recherche pour notre bien

Suivi médical

Le patient bénéficie d’un suivi médical serré, fort apprécié. «Plusieurs veulent participer encore. En cours de recherche, un climat de confiance s’établit avec le patient», souligne Marie-Mai Larivière, infirmière de recherche.

Il arrive même que des cancers soient détectés précocement au cours de tels essais cliniques, souligne le Dr Poirier.

Le patient n’est pas payé pour sa participation à la recherche, mais certaines de ses dépenses sont défrayées.

L’hôpital, de son côté, reçoit 30 % de la somme offerte par la compagnie pharmaceutique, pour compenser l’utilisation des locaux et du matériel. Une partie de ce montant servira à financer d’autres recherches pour lesquelles le médecin chercheur n’a pas reçu de subvention.

De son côté, la compagnie pharmaceutique n’a pas le choix de financer des essais cliniques pour s’assurer de l’innocuité et de l’efficacité de son médicament auprès de patients avant de le mettre sur le marché.

Une pilule qui fait maigrir

En ce moment, le Dr Poirier effectue un essai clinique de phase lV sur une pilule qui fait perdre du poids et destinée aux patients obèses. La compagnie pharmaceutique fait une vaste étude dans 600 centres de recherche dans 40 pays, dont l’hôpital Laval. À la fin de l’étude, dans cinq ans, 17 000 patients auront testé le médicament avant sa mise en marché au Canada et aux États-Unis. Le médicament est déjà disponible en Europe.

Pour cette étude-ci, le Dr Poirier prend soin de ne pas solliciter de patients à risque de dépression. La dépression est en effet un des effets secondaires de cette nouvelle molécule. Des patients ont même dû être retirés de l’étude à cause de cela. Ils maigrissaient, mais ils déprimaient. «Mais on continue de les suivre, même s’ils ont arrêté le médicament. La santé du patient est toujours prioritaire», insiste Lison Fournier, l’autre infirmière de recherche qui travaille avec le Dr Poirier.

En ce moment, le Dr Poirier effectue un essai clinique de phase lV sur une pilule qui fait perdre du poids et destinée aux patients obèses. La compagnie pharmaceutique fait une vaste étude dans 600 centres de recherche dans 40 pays, dont l’hôpital Laval. À la fin de l’étude, dans cinq ans, 17 000 patients auront testé le médicament avant sa mise en marché au Canada et aux États-Unis. Le médicament est déjà disponible en Europe.

Pour cette étude-ci, le Dr Poirier prend soin de ne pas solliciter de patients à risque de dépression. La dépression est en effet un des effets secondaires de cette nouvelle molécule. Des patients ont même dû être retirés de l’étude à cause de cela. Ils maigrissaient, mais ils déprimaient. «Mais on continue de les suivre, même s’ils ont arrêté le médicament. La santé du patient est toujours prioritaire», insiste Lison Fournier, l’autre infirmière de recherche qui travaille avec le Dr Poirier.

 



5 novembre 2007 - La perception populaire que souscrire à la démocratie équivaut à se plier à la volonté de la majorité, ne peut être plus naïve pour plusieurs raisons très bien expliquées ici par le constitutionaliste notoire Me Julius Grey.   Lorsque la voix des citoyens est étouffée par des lobbies rendus plus puissants que les élus mis en place par le peuple et le peuple lui-même, on ne peut plus parler de démocratie.  Il en résulte que le citoyen sous-financé et sans voix organisée, se retrouve sans représentation aucune et son vote ne devient que symbolique.  Il ne lui reste que les tribunaux, mais à quel coût ? 

Il est grand temps que nos taxes cessent de financer des organismes qui grandissent en puissance en proportion avec leur financement.  Ces groupes ont leur raison d’être certes, mais les limiter aux seuls dons qui proviendraient des citoyens, les rendraient plus représentatifs de la volonté des citoyens qui financeraient ces causes en proportion de leurs croyances et intérêts.   

Vision naïve et dangereuse

Julius Grey
Le Journal de Montréal
05/11/2007 09h01 

Depuis la réaction des Québécois contre les accommodements, la Charte des droits et libertés de la personne a une très mauvaise presse. D'ailleurs, les circonstances du rapatriement de la Constitution et de l'adoption de la Charte l'avaient rendue suspecte dans les cercles académiques, même si la charte québécoise protège les mêmes droits de façon encore plus complète.

L'argument contre la Charte est souvent ancré dans une notion particulière de démocratie. Selon les critiques de la Charte, la démocratie, c'est le gouvernement par la majorité qui exprime sa volonté lors des élections. Jamais les juges non élus ne devraient pouvoir contredire cette volonté populaire.

Cette vision populiste est naïve et parfois dangereuse pour deux raisons.

D'abord, elle présuppose que les élus représentent vraiment la volonté populaire. On oublie autant la méfiance généralisée envers les politiciens que la puissance de plusieurs lobbys, et surtout celui des gens d'affaires qui contrôlent l'argent et financent la politique. Le citoyen moyen a souvent moins d'accès aux élus qu'à la magistrature et moins de chances de faire valoir sont point de vue.

La deuxième objection au populisme est encore plus percutante. La majorité n'a pas toujours raison. Avons-nous oublié que Hitler ainsi que d'autres chefs monstrueux ont été légalement élus, que les gens votent souvent sur la foi de renseignements biaisés ou incomplets, que l'émotion n'est pas toujours absente et que des loyautés collectives peuvent aveugler les électeurs et provoquer des résultats inacceptables? De plus, des violations majeures des droits individuels ont été commises non seulement par les tyrannies mais également par les États démocratiques. La prison de Guantánamo tenue par les États- Unis constitue un exemple bien connu de ce phénomène et il en existe beaucoup d'autres.

Un instrument essentiel

L'utilisation des chartes en Occident s'est avérée à la fois modérée et utile. À cause de la puissance de certains lobbys, il n'aurait pas été possible de garantir le droit à l'avortement ou l'égalité des homosexuels, sauf devant les tribunaux. Quant à la fin de la ségrégation des Noirs aux États-Unis, la majorité dans les États du Sud s'y serait opposée. Les cours de justice étaient le seul rempart efficace pour les opprimés. Il est à noter que l'opposition à la magistrature dans une majorité de pays vient de la droite, qui n'a peut-être pas apprécié ces développements salutaires.

Cela n'est pas un argument contre la démocratie. On ne peut avoir qu'un seul budget, un seul code criminel, une seule administration publique, et le vote démocratique avec tous ses défauts demeure la meilleure façon de déterminer le contenu de ce qui est nécessairement commun.

Il en est autrement pour les droits fondamentaux comme la liberté personnelle, l'expression et la religion. Il n'y a aucune raison pour légiférer un comportement identique ou des opinions identiques pour chacun.

Dans une vraie démocratie, un individu est protégé contre la majorité et son droit à la dissidence ne peut être assuré que par les juges indépendants et les instruments législatifs comme la Charte.

Il est donc incorrect de penser que nous devons, dans tous les cas, nous plier à la décision majoritaire. Au contraire, la liberté dépend d'un contrepoids qui permet aux citoyens de défier la majorité dans les domaines appropriés. La Charte des droits et libertés constitue ainsi un instrument essentiel de la démocratie.

 


2 novembre 2007 - Ce n’est pas comme si nos gouvernements et les anti-tabagistes qui exercent une pression insistante auprès des élus n’avaient pas l’expérience des années 90 pour prévoir les effets pervers d’une taxation abusive !  Ce n’est pas comme si plusieurs, y compris nous chez C.A.G.E. n’avaient pas prévenu les gouvernements que la répression et la taxation sans représentation ne pourra jamais fonctionner.

 Pendant que les acteurs des lois coercitives, claironnent  que le taux du tabagisme baisse,  une industrie illicite prend de plus en plus d’ampleur au détriment de la santé de tous et de la survie financière des commerces légitimes.  Soit que nos élus n’ont aucun contacte avec la réalité, soit qu’ils font semblant de ne pas en avoir.  Nous avons toujours dit et nous maintenons plus que jamais que l’anti-tabagisme tel qu’il est devenu, a dépassé sa vie utile.  Le tabagisme était en baisse constante jusqu’au moment où les mesures anti-tabac sont devenues tellement exagérées et dénuées de tout bon sens, que le but premier des anti-tabagistes, soit leur propre survie financière, est devenu flagrant. Car disons-le, une baisse des taxes se traduirait nécessairement à une moindre disponibilité des fonds pour financer les groupes de pression anti-tabac.

Si ces ‘’bien-pensants’’ se préoccupaient vraiment de la santé des jeunes, ils n’auraient qu’un discours qui serait celui de minimiser les dangers du tabagisme. Puisque le tabac ne sera jamais complètement enrayé, et cela, ils le savent très bien,  ils n’auraient pas tant d’objections à ce que le tabac légal et de qualité contrôlée soit taxé à des niveaux raisonnables et ils ne tenteraient pas à tout prix de freiner les progrès vers une cigarette moins dommageable pour la santé tel que la technologie Biofiltra.  En attendant que les lobbies anti-tabac reviennent à un discours raisonnable qui tient compte de la réalité, toute la population, y compris les plus jeunes, encaissera les contre coups d’un excès de zèle intéressé.   

10 fois moins cher qu'au dépanneur

Jean-Philippe Pineault
Le Journal de Montréal
02/11/2007 07h42 - Mise à jour 02/11/2007 09h19

La consommation de tabac de contrebande a pris des proportions épidémiques dans les écoles secondaires du Québec, où les jeunes peuvent acheter des cartouches de cigarettes 10 fois moins chères qu'au dépanneur.

C'est ce qu'on retient d'une étude effectuée par la firme Arcus pour le compte de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA).

Les ados n'ont pas besoin de présenter de fausses cartes pour s'acheter des cigarettes. Ils n'ont qu'à faire affaire avec des individus qui vont faire le plein dans les réserves amérindiennes pour ensuite les revendre aux jeunes.

C'est ce qu'on retient d'une étude effectuée par la firme Arcus pour le compte de l'Association canadienne des dépanneurs en alimentation (ACDA).

Les ados n'ont pas besoin de présenter de fausses cartes pour s'acheter des cigarettes. Ils n'ont qu'à faire affaire avec des individus qui vont faire le plein dans les réserves amérindiennes pour ensuite les revendre aux jeunes.

«Je fume juste ça. Je les achète au carton. Ça me coûte 15 $ pour trois cartons de 200 cigarettes», explique Marc Lapperière, élève à l'école secondaire Anjou. Près du trois quart des élèves des écoles secondaires du secteur fumeraient du tabac illégal.

11 267 mégots analysés

Selon l'élève de 17 ans, la vaste majorité des jeunes de son école fument ce type de cigarettes, qui viennent dans des longs sacs transparents de type Ziploc. Évidemment, on n'y retrouve aucune mise en garde de santé publique.

«C'est un problème social qui est rendu très loin pour qu'on en retrouve autant dans les écoles», affirme Michel Gadbois, vice-président de l'ACDA.

Pour son enquête, l'entreprise de recherche a fait analyser 11 267 mégots de cigarette recueillis autour de 5457 écoles en Ontario et de 5810 au Québec.

Les chercheurs ont pu déterminer la provenance de la cigarette, notamment en analysant la conformité aux lois du filtre et du papier utilisé.

Abaisser les taxes?

Réunis pour un forum sur le sujet à Ottawa, les membres de l'ACDA tenteront de trouver des solutions à la contrebande, qui leur aurait fait perdre 30 % de leurs ventes reliées au tabac seulement au cours de la dernière année.

Une des hypothèses étudiées sera notamment la possibilité d'abaisser les taxes, qui représentent 80 % du prix des cigarettes.

Une solution qui est loin de satisfaire la Coalition québécoise sur le contrôle du tabac.

«Les gouvernements doivent mettre leurs culottes, mais ne doivent pas diminuer les taxes», dit Louis Gauvin, de l'organisme, affirmant que la diminution des taxes sur la cigarette dans les années 1990 a fait bondir de près de 10 % le taux de consommation de tabac chez les jeunes.


 

29 octobre 2007 - La dernière nouvelle de l’heure en ce qui a rapport au tabagisme : Les fumeuses font des enfants obèses.  Cette nouvelle est en contradiction directe avec ce que la rhétorique des anti-tabagistes prétend !  Mais si d’un seul coup on peut mettre de l’huile sur le feu de deux des dernières hystéries de l’heure   – l’obésité et le tabagisme –  pourquoi pas ?   À force de torturer la science,  et de se contredire, l’épidémiologie perdra le peu de crédibilité qui lui reste. 

Les fumeuses font des enfants obèses

Agence France-Presse

Tokyo

Les enfants dont les mères fumaient, même au tout début de la grossesse, ont presque trois fois plus de risque de devenir obèses, affirme une étude japonaise.

Les chercheurs n'ont pas pu établir une corrélation exacte, mais l'une des théories serait que les bébés dont les mères fumaient ont manqué de nourriture lorsqu'ils étaient dans le placenta.

L'étude a également mis en évidence le fait qu'un enfant dont la mère avait l'habitude de sauter le petit-déjeuner pendant la grossesse, a 2,4 fois plus de risque d'avoir des problèmes de poids.

L'étude, qui s'est déroulée sur près de 20 ans sous la direction de Zentaro Yamagata, professeur à l'université de médecine de Yamanashi, a suivi 1.400 femmes japonaises qui ont accouché entre avril 1991 et mars 1997 et observé l'évolution d'un millier de leurs enfants jusqu'à l'âge de 9 ou 10 ans.

Le risque d'obésité était 2,9 fois plus élevé parmi les enfants dont la mère fumait dans les 3 premiers mois ou même simplement au tout début de la grossesse, comparé aux enfants nés de mère non fumeuse.

Les résultats de cette étude "montre que fumer pendant la grossesse, même au tout début, peut avoir des conséquences sur la santé des enfants, pendant une longue période de leur vie", a déclaré M. Yamagata.

Les chercheurs peuvent se livrer à des "spéculations" sur le fait que des enfants mal nourris pendant la grossesse vont stocker la nourriture après la naissance. "Mais nous ne savons pas si cela est vrai. Ce qui est important c'est d'arrêter de fumer", a-t-il dit.

Selon le professeur Yamagata, d'autres études ont été faites à travers le monde pour montrer le lien entre le tabac et l'obésité infantile, mais c'est la première fois que des recherches sont menées sur un groupe d'enfants depuis la naissance jusqu'à l'âge de 10 ans.


 

26 octobre 2007 - Il y a un temps, les découvertes de la science réjouissaient car cela signifiait qu’on progressait et qu’il existait espoir pour régler des problèmes qui pesaient lourd chez certains gens.  Malheureusement, en observant la  tendance vers laquelle la santé publique se dirige à pas ferme, aujourd’hui, des nouvelles comme celle qui suit, nous envoient des frissons dans le dos.  En effet,  dans les mains d’un état trop puissant et des ‘’bien-pensants’’ trop zélés, cette nouvelle découverte  peut devenir une  bombe à retardement.   Avec nos prédictions qui se sont matérialisées ces dernières années,  avons-nous tort de craindre que cette découverte devienne une arme dangereuse qu’on peut utiliser contre quiconque ne veut ou ne peut rentrer dans la ligne de conduite que l’état a tracé pour son ‘’propre bien-être’’ ?

Bien sûr certains gens pourraient profiter des interventions extrêmes s’ils désirent vraiment se débarrasser d’une dépendance qui paralyse leur vie.  Mais des interventions, vers lesquelles une telle découverte peut nous mener, ne devraient sous aucune considération être envisagées  sans le plein consentement du patient lucide et libre de toute influence, et sans avoir au préalable avoir intégrée une clause dans la charte des droits et liberté, à l’effet que la souveraineté du corps de l’individu est sacré et inviolable même lorsqu’un individu s’engage dans des habitudes de vie dangereuses.

Neutraliser une région du cerveau pourrait combattre la dépendance

Agence France-Presse

Chicago

Les phénomènes addictifs pourraient être supprimés par la neutralisation d'une zone clé du cerveau, selon une étude chilienne portant sur des rats, publiée jeudi dans le journal Science.

Le cortex insulaire ou insula, est une zone du cerveau qui filtre les informations concernant l'état et les besoins physiologiques du corps humain.

Des chercheurs avaient déjà montré que des lésions de l'insula pouvaient réduire considérablement le besoin de nicotine chez des fumeurs.

Selon une précédente étude, 12 fumeurs sur 19 avaient en effet abandonné facilement la cigarette après des lésions de l'insula, provoquées notamment par des crises cardiaques.

Au cours de leurs expériences portant sur des rats, les chercheurs chiliens ont découvert que la «neutralisation» temporaire de l'insula supprimait le besoin de drogue chez des animaux à qui on avait induit une dépendance. En outre, elle supprimait également les effets indésirables des traitements.

Les chercheurs ont injecté à un groupe de rats dépendants aux amphétamines un produit anesthésiant l'insula pendant 20 minutes.

Les animaux ont été placés dans des cages comprenant une chambre plongée dans le noir et une baignée de lumière, qu'ils avaient été entraînés à associer à la consommation d'amphétamines.

L'anesthésie de l'insula a modifié radicalement leur comportement, les faisant choisir la chambre noire, plus naturelle pour les rats, au détriment de la chambre claire.

Lorsque les effets se sont estompés, les rats sont retournés vers la chambre claire.

Au cours d'une seconde expérience, les chercheurs ont injecté aux rats du lithium, un traitement utilisé dans les troubles de l'humeur qui a souvent pour effet secondaire de causer des maux de ventres.

Les rats se sont rapidement mis sur le ventre, montrant des signes de malaise. Mais lorsque les chercheurs avaient préalablement neutralisé l'insula avant de leur donner le traitement, les rats n'ont montré aucun signe d'inconfort et se sont comportés de façon normale.

«Cela nous a montré que le cortex insulaire informe le reste du cerveau sur les besoins, mais aussi sur l'inconfort gastro-intestinal et que cette information sur l'état corporel peut déterminer le comportement», a déclaré Fernando Torrealba, neurologue à l'Université pontificale catholique de Santiago au Chili.

Cette étude sur les rats et la précédente sur les fumeurs, démontrent que l'insula «porte de façon sous-jacente, la conscience du besoin», ce qui en fait une bonne cible pour de futurs traitements destinés à réduire les dépendances, selon lui.


26 octobre 2007 - Le message ne peut être plus clair.  La lutte contre l’obésité suit presqu’à la lettre la ligne tracée par la lutte contre le tabagisme, à la différence que la guerre aux kilos se fait à un rythme plus accéléré.  Si la tendance se maintient, dans très peu de temps la taxe sur la malbouffe, les restrictions dans les endroits dits publiques et des mesures encore plus répressives lorsqu’il s’agit des mineurs, seront une réalité de notre quotidien.  Sans oublier bien entendu, que les chercheurs solliciteront incessamment davantage des fonds pour répandre un climat qui dé-monisera les obèses et accusera d’’’abuseur’’  quiconque oserait offrir un plat de frites à son enfant.  Bienvenue dans le monde de la dé-normalisation par le biais du marketing social ! 

Le mardi 23 octobre 2007

La lutte contre l'obésité doit s'inspirer de celle contre le tabac

Virginie Montet

Agence France-Presse

La Nouvelle Orléans

La lutte contre l'épidémie d'obésité qui touche ou menace 200 millions de personnes aux États-Unis doit s'inspirer du combat contre le tabagisme, selon un expert qui participait lundi à une conférence à La Nouvelle Orléans (Louisiane).

«Ce qui a marché avec le tabac, c'est qu'on a eu une stratégie multiple en imposant des taxes sur les paquets de cigarettes, en interdisant aux mineurs l'accès au tabac, en bannissant la fumée des lieux publics», rappelle William Dietz, directeur de la prévention des Centres fédéraux de contrôle des maladies et prévention des maladies (CDC).

«Ce n'est pas une seule action qui va faire la différence mais plusieurs à la fois», ajoute cet expert qui remarque «un début de changement» dans plusieurs études de cas présentées au cours de la Conférence annuelle sur la recherche et l'obésité, organisée par The Obesity Society, une association de scientifiques américains créée il y a 25 ans pour étudier ce phénomène.

«Cela a pris quarante ans pour changer le tabagisme, en revanche, je crois qu'on commence à changer l'obésité», assure M. Dietz dans un entretien à l'AFP.

Des stratégies locales, comme dans l'État de l'Arkansas, commencent à porter leurs fruits. Dans ses écoles publiques, cet État du sud a déployé une campagne tous azimuts qui conjugue l'interdiction de la malbouffe, la pratique de sports et la mesure systématique de l'indice de masse corporelle des élèves, qui est ensuite envoyé chaque année aux parents.

Une personne est considérée obèse lorsque son indice de masse corporelle (IMC), calculé en divisant son poids (en kg) par sa taille au carré (en m2), est supérieur à 30.

La prévalence d'obésité parmi les élèves de l'Arkansas s'est stabilisée, voire a baissé (20,9% en 2004 et 20,6% en 2007).

«Il y a des changements exceptionnels qui interviennent dans les écoles. C'est un indicateur objectif de changement», affirme ce responsable du CDC.

Une récente étude du CDC montre que le pourcentage d'écoles proposant des frites aux élèves est passé de 40% en 2000 à 18,8% l'année dernière, de même pour les sodas aux repas de midi (68,4% des écoles en proposaient en 2000 contre 47,7% en 2006).

La dernière grande enquête nationale (National Health and Nutrition Examination Survey NHANES) a permis d'observer une stagnation du taux d'obésité chez les femmes entre 1999 et 2004, même si l'obésité continue de progresser chez les enfants, les adolescents et les hommes.

«Le message adressé à l'opinion publique fera la différence pour lutter contre l'obésité», note pour sa part Eric Ravussin, professeur au Centre de recherche sur l'obésité Pennington Center et président cette année de The Obesity Society.

«La grande chose à faire est la prévention. Un dollar de prévention évite tant de dépenses ensuite», indique-t-il à l'AFP.

Selon lui, «il faut aussi consacrer davantage de recherches à l'obésité pour définir les stratégies les plus économiques de prévention».

Il regrette que la recherche américaine du National Institute of Health ne dépense que 7,3 dollars de recherche par personne obèse aux États-Unis, contre 35 dollars pour chaque patient atteint de maladie cardiovasculaire.

«Le gouvernement dépense en recherche l'équivalent d'un Big Mac, d'un Coke et de quelques frites pour chaque obèse», ironise ce chercheur.



14 octobre 2007 - Le 10 octobre dernier, nous apprenions que le premier ministre Jean Charest n’attendra pas les résultats de la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables pour proposer un amendement à la charte des droits et libertés.  À notre avis, cette décision est une insulte non seulement aux responsables de cette commission, mais à tout le peuple québécois qui s’est donné la peine d’exprimer son opinion en rapport à cet enjeu de société d’une importance capitale.  Nous sommes en droit de demander pourquoi alors est-ce que le premier ministre a mandaté à même nos taxes Mssrs. Bouchard et Taylor de mener cette enquête auprès du public, pour finalement proposer un amendement de taille à la charte avant même de voir le rapport de la dite commission.  Est-ce que la voix populaire ne compte plus pour rien même lorsqu’on lui a expressément fait la demande de l’exprimer ?

Charest amendera la Charte

Denis Lessard
La Presse
Québec

Le gouvernement Charest proposera dès cet automne d’amender la Charte québécoise des droits et libertés pour y assurer la primauté de l’égalité entre les sexes sur la liberté de culte.

Ce faisant, il appliquera la principale recommandation faite, à la fin du mois de septembre par le Conseil du statut de la femme, dans un avis sur la diversité religieuse, destiné à la commission Bouchard-Taylor.

«Il y a une question qui me tient à cœur, l’égalité entre les hommes et les femmes. Le rapport du Conseil du statut de la femme a fait une recommandation importante, on veut bouger à ce sujet» a soutenu hier Jean Charest à l’issue de la réunion de son caucus destinée à préparer la rentrée parlementaire de mardi prochain.

«Cette recommandation, nous la trouvons très intéressante. On n’aura pas besoin sur cette question d’attendre les recommandations de la commission Bouchard-Taylor» a-t-il promis.

Publié il y a deux semaines, l’avis du Conseil relevait que la primauté de l’égalité entre les sexes était plus explicitement affirmée dans la Charte canadienne des droits de 1982 que dans la Charte québécoise, adoptée quelques années plus tôt.

On proposait «que soit amendée la Charte (québécoise) des droits et libertés de la personne afin d’y insérer une disposition analogue à celle de l’article 28 de la Charte canadienne, affirmant clairement que l’égalité entre les femmes et les hommes ne peut être compromise au nom, notamment, de la liberté de religion».

Hier, la ministre responsable de la Condition féminine, Christine St-Pierre, n’a pas voulu venir commenter les intentions annoncées par M. Charest. Pour sa porte-parole, Nathalie Gélinas, «la question est toujours à l’étude» et la décision d’amender la Charte n’est pas arrêtée. En matinée, toutefois, son collègue Jean-Marc Fournier s’était spontanément dit favorable à un tel amendement. «C’est une bonne idée, un tel amendement. Les études juridiques viendront nous dire quelles sont les autres conséquences, mais cette question d’égalité entre les sexes, c’est important», a dit M. Fournier.

Crucifix

Il manquait pas mal de députés à cette première réunion pour les députés libéraux cet automne; environ 25 élus s’étaient déplacés, sur 48. C’était le baptême du feu pour le nouveau chef de cabinet, Daniel Gagnier, qui aura bientôt une adjointe, Elizabeth McKay, actuellement chef de cabinet de Sam Hamad, à l’Emploi.

Tour à tour, les députés libéraux ont commenté hier la proposition de la CSN pour une «charte de laïcité» et le sondage de La Presse qui montrait qu’une forte majorité de Québécois s’opposait, par exemple, à l’idée de retirer le crucifix de l’Assemblée nationale. Pour des députés comme Vincent Auclair (Vimont) et Russel Copeman (Notre-Dame-de-Grâce), le crucifix est plus un élément de l’histoire du Québec qu’un signe religieux. «C’est un élément plus historique qu’autre chose. Je ne prône pas qu’on l’enlève. Est-ce que nos édifices publics doivent être vidés de tout élément religieux, je ne le crois pas», dit M. Copeman. «Il y a une distinction à faire entre ces symboles; une prière à des réunions publiques serait plus extrême», observe-t-il. Converti à la confession juive, M. Copeman souligne qu’il a bien «l’intention de continuer à porter ma kippa, quoi qu’en pense le Conseil du statut de la femme».

Le crucifix au Parlement «n’est pas une question de religion mais de tradition», estime Pierre Reid (Orford). Ironiquement, la plupart des élus préconisaient d’attendre les recommandations de la commission Bouchard-Taylor, attendues au printemps 2008, avant de bouger sur ces questions délicates.

Amendement facile

Pour le constitutionnaliste Benoît Pelletier, ministre responsable des Affaires intergouvernementales, la recommandation du Conseil du statut de la femme a été accueillie favorablement par l’ensemble du gouvernement. Amender la Charte québécoise reste un objectif réaliste; il s’agit d’une loi ordinaire qui peut être modifiée simplement par l’adoption d’une nouvelle loi. Le constitutionnaliste ne craint pas non plus que le gouvernement ouvre du même souffle une boîte de Pandore. Un amendement bien spécifique pour affirmer la priorité de l’égalité entre les sexes peut être adopté facilement, surtout s’il fait, comme on peut le prévoir, l’unanimité entre les partis représentés à l’Assemblée nationale. Il en va tout autrement de la Charte canadienne, soumise à une lourde mécanique de modification, qui suppose l’appui d’une majorité de provinces.

L’article 28 de la Charte canadienne prévoit que l’égalité entre les hommes et les femmes est une valeur si fondamentale qu’elle ne peut être mise en suspens même par la disposition de dérogation, qui permet dans certains cas exceptionnels de déroger à des droits assurés ailleurs par la charte fédérale.

Dans la Charte québécoise, l’article 10 assure l’égalité entre les hommes et les femmes, mais on ne lui confère pas explicitement de prévalence sur les autres droits, comme la liberté de culte. Cet article a rarement été plaidé devant les tribunaux, observe-t-il toutefois.

Le professeur de droit constitutionnel de l’Université Laval Henri Brun a salué le projet du gouvernement Charest: «Il est intéressant que la Charte québécoise soit amendée, pour apporter cette précision.» Surtout, insiste-t-il, la Charte québécoise a une portée beaucoup plus large que la canadienne. Elle régit aussi les gestes dans le secteur privé. «Si l’égalité entre les sexes devient la règle, un employeur pourra refuser d’embaucher une candidate qui porte le hijab, parce qu’un employé masculin n’aurait pas le même traitement», observe le professeur Brun.

Un amendement à la Charte québécoise des droits ne sera pas une première.

Elle avait été modifiée à la fin des années 80 lors de la mise en place du Tribunal des droits de la personne, observe le professeur Brun. Cette Charte adoptée en 1976 avait été modifiée passablement en 1982 pour tenir compte des droits protégés par la Charte canadienne, qu’on venait alors d’adopter à Ottawa.

Hier, en marge du caucus, M. Charest a indiqué qu’il ne prévoyait pas d’élections, même à moyen terme. «Les Québécois ont choisi d’élire un gouvernement de cohabitation. On veut reconnaître cette réalité, on gouverne en fonction de cette réalité... Il n’y aura pas d’élections en 2007! On ne voit pas pourquoi il y aurait des élections en 2008. À moins de vouloir inventer une raison pour aller en élections.

Les Québécois ne veulent pas d’élections… l’économie québécoise tire bien son épingle du jeu actuellement», a soutenu M. Charest.



14 octobre 2007 - L’initiative de brancher la santé publique afin que tous les médecins et autres spécialistes aient accès à l’histoire médicale des patients, n’est pas mauvaise en soi.  Cela éviterait la sur-médication, des éventuels conflits entre deux médicaments, le temps d’attente pour transférer un dossier d’un service ou d’un médecin à l’autre, l’abus du système de la santé de la part de certains usagers, l’accélération du traitement d’un patient, et sûrement d’autres bénéfices qui feront surface une fois le tout implanté et opérationnel.  Cependant, selon nous, ce système doit s’implanter avec un souci rigoureux de l’éthique.  Au prima bord nous sommes tout à fait contre le souhait exprimé de transférer tous les dossiers et de laisser le soin aux usagers de retirer le leur s’ils ne veulent pas ainsi étaler leur vie privée à la vue de toutes les instances médicales de la province.  Nous soutenons sans hésitation, que l’usager doit avoir donné son consentement avant que son dossier soit rendu accessible dans le réseau.  Deuxièmement, en observant la tendance de plus en plus envahissante de la santé publique dans la vie du citoyen, nous sommes craintifs tant qu’aux abus qui peuvent survenir avec ce système.  Est-ce que le concept deviendra un autre moyen pour contrôler, réprimander, punir et faire rentrer dans le rang les récalcitrants qui refusent de suivre les ordres de l’état ?  En d’autres termes, est-ce que ce système sera au service du citoyen ou est-ce que le citoyen sera au service de la santé publique à travers ce système ?  Nous encourageons tous nos membres et lecteurs, d’y réfléchir longuement et de peser le pour et le contre avant de donner leur consentement pour faire partie du réseau.

Branchés d’ici trois ans

Gilles Crevier
Le Journal de Montréal
14/10/2007 09h20

En 2010, au terme de l'implantation d'un réseau électronique qui aura coûté 547 millions de dollars, 95 000 professionnels de la santé du Québec auront accès en tout temps, grâce à l'informatique, aux dossiers de 7,5 millions de patients ayant donné leur consentement.

Tous les services de santé du Québec, du cabinet du médecin à l'hôpital en passant par les cliniques privées, CLSC et CHSLD, seront branchés au Dossier de santé du Québec (DSQ) informatisé.

«Les 16 000 médecins québécois, spécialistes et omnipraticiens devront obligatoirement, selon la loi 83, être branchés au réseau électronique», précise Lise Denis, directrice générale de l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux (AQESSS), organisatrice d'un colloque sur l'informatisation du Dossier santé qui se terminait, hier, à Montréal.

En plus des médecins, les infirmières, les pharmaciens, les ambulanciers, certains techniciens spécialisés et des secrétaires auront accès aux données des dossiers, qui comprendront la médication, l'imagerie et les résultats de laboratoire.

Oui ou non?

"Là où il y a des hésitations, avoue Lise Denis, c'est au sujet de l'obligation de demander aux patients s'ils veulent ou non que leur dossier soit informatisé.

Selon nous, il serait souhaitable d'inscrire tout le monde au départ et de demander ensuite aux usagers de remplir un formulaire s'ils veulent se retirer."

 


 

10 octobre 2007 - L’état, qu’importe dans quelle partie du monde occidental, se substitue de plus en plus au bon sens et aux bons conseils des médecins.  Rien de mal d’avertir les femmes enceinte des dangers de l’alcool certains diront, et jusqu’à un certain point nous sommes d’accord.  Par contre, cette tendance d’infantiliser à outrance les citoyens,  devient en fait un danger en soi.  En apposant des avertissements sur tous les produits qui présentent des facteurs de risque pour la santé, on habitue l’individu de se fier de plus en plus sur le gouvernement pour son bien-être.  Le citoyen, soustrait ainsi de sa responsabilité personnelle, devient à la merci de l’état patriarcal qui prend de plus en plus de place dans le quotidien du citoyen.  ‘’Chaussée mouillée’’, ‘’Attention à la marche’’, ‘’Précipice dangereux’’, ne sont que quelques exemples du nombre croissant d’avertissements qu’on nous sert et qui nous empêchent d’évaluer une situation par nous même, nous rendant ainsi de plus en plus abrutis ce qui a comme résultat de nous engager dans un cercle vicieux.  On discute même d’apposer des avertissements sur les vêtements de forte taille en rapport aux dangers de l’obésité ! 

Y-a-t’il vraiment tant de femmes mal informées qui attendent après une étiquette sur une bouteille pour faire preuve de prudence et de responsabilité envers le bébé à naître ?  Si c’est le cas, il est évident que les médecins ne font pas leur boulot !  Nous avons plutôt tendance à croire que si la femme enceinte décide qu’elle va consommer de l’alcool pendant sa grossesse, ce n’est certainement pas une étiquette qui va la dissuader. 

Mercredi 03 Octobre 2007

Alcool: Pas de bouteille à la mère

Par Sabrina BESTANI
leJDD.fr

Alcool et grossesse ne font pas bon ménage. Le ministère de la Santé vient de lancer une campagne de grande envergure pour prévenir des risques de l'alcoolisation foetale. Désormais, chaque bouteille devra comporter un pictogramme afin de dissuader les femmes enceintes de boire. Véritable problème de santé publique, l'alcool fait de plus en plus de ravages, de plus en plus tôt.

Après le tabac, le ministère de la Santé s'attaque à l'alcool. A compter du 3 octobre, un nouveau pictogramme devra apparaître sur les bouteilles d'alcool, afin de dissuader les femmes enceintes d'en consommer. Ainsi, un logo montrant une femme enceinte, un verre à la main, barré d'un trait rouge, sera mis en place au dos de chaque bouteille, avec la mention "zéro alcool pendant la grossesse". A défaut, la phrase suivante devra au moins y figurer : "La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l'enfant".

Assortie d'une campagne médiatique qui devrait durer jusqu'en décembre, cette mesure, prise par arrêté ministériel en octobre 2006 à l'initiative du ministère de la Santé et de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes), vise essentiellement à interpeller les femmes encore inconscientes des risques. En France, 1% des nouveau-nés sont affectés par ce syndrome d'alcoolisation foetale. Avec pour conséquences, de graves troubles physiques ou même mentaux. Si certains producteurs de vins ont déjà fait part de leurs réticences vis-à-vis de cette mesure, pointant du doigt l'infantilisation du consommateur, l'alcool reste tout de même le premier facteur de handicap mental chez le nouveau-né, hormis le facteur génétique.


"Il y a un manque de responsabilité en France"

Contacté par la rédaction du JDD.fr, Alain Vautherot, responsable de l'association du Patrimoine des Terroirs, qui regroupe des vignerons de dix régions françaises, ne craint pas les mauvaises retombées d'un tel dispositif. Quand certains parlent de la perte d'une certaine esthétique du produit, lui, tempère. « Le logo est petit, je ne pense pas qu'il va gâcher l'esthétique d'une bouteille. Je pense en revanche que le problème se situe ailleurs », nous a-t-il déclaré. « On se trompe de cible ». Faisant allusion au manque de moyens en amont, le viticulteur met en cause le travail du corps médical, à qui il incombe selon lui, de faire ce travail de fond.

Prévenir pour mieux guérir ? Pas si sûr. Les mentions déjà présentes sur les paquets de cigarettes comme "fumer tue", ou "fumer provoque le cancer", n'ont pas vraiment de pouvoir de dissuasion. Alain Vautherot renchérit : "Je pense que le problème se situe ailleurs. On diabolise encore plus l'alcool, les lois deviennent systématiques. A terme, le phénomène d'infantilisation du consommateur est bel est bien là. Il y a un vrai manque de responsabilité en France. Les femmes enceintes, comme les fumeurs, ne devraient pas attendre de voir une étiquette ou un avertissement écrit pour prendre conscience que le tabac ou l'alcool peuvent être dangereux ou tuer", conclut-il.

L'alcool, véritable fléau en France, souvent occulté par les problèmes de drogue ou de tabac, inquiète pourtant les spécialistes. Une enquête parue mercredi 3 octobre dans Metro dévoile les ravages des abus précoces. "On voit maintenant de vrais comas chez les jeunes de 12 ans", a déclaré Roger Nordmann, président de la commission addictions à l'Académie nationale de médecine, à nos confrères. L'alcool reste la première cause de mortalité chez les jeunes. Un problème de société lié aux nouvelles modes, auquel l'Etat devrait sérieusement s'attaquer prochainement.



7 octobre 2007 – Cachez cette consommation que je ne saurais voir !  Une plainte à l’endroit de l’émission Tout le monde en parle en raison de l’alcool qui est servi aux invités pendant l’émission, a été réfutée par Radio-Canada.  Nous sommes heureux de constater que la chaîne nationale n’a pas plié à cette tendance d’une minorité qui exige que la société change pour palier à l’incapacité de certains individus  de prendre leurs propres responsabilités pour régler leurs  problèmes.  Où arrêterions-nous s’il faudrait qu’on élimine tout ce qui peut représenter un plaisir pour la majorité qui en fait usage avec modération, pour satisfaire une minorité qui ne sait pas comment se contenir ?    

TOUT LE MONDE EN PARLE

À la bonne vôtre

Brigitte McCann
Le Journal de Montréal

07-10-2007 | 13h59

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Radio-Canada juge qu’il serait «excessif d’interdire» le vin rouge à Tout le monde en parle.

En croisade depuis un an contre la consommation de vin rouge à Tout le monde en parle, Denis Plante a reçu sa première réponse de Radio-Canada la semaine dernière.

«Le fait de servir des vins de qualité aux invités contribue au caractère convivial de l’émission sans lui donner un décor de restaurant ou de banquet», écrit Danielle Coupal, des Relations écrites avec l’auditoire de la SRC.

«Nous ne croyons pas qu’il y ait là quoi que ce soit d’inconvenant», ajoute-t-elle.

Plainte à Jean Lapointe

Convaincu que la SRC contrevient à sa « responsabilité sociale», Denis Plante a envoyé l’automne dernier une plainte à l’ombudsman de Radio-Canada, aux ministres Bev Oda et Michael Fortier, au sénateur Jean Lapointe et même… à Robert Charlebois.

À tous, il a écrit que Tout le monde en parle «encourage» la consommation d’alcool en servant quelque 60 bouteilles de rouge à chaque émission, question de délier la langue des invités et réchauffer le public en studio.

«Vous n’êtes pas sans savoir les dommages que cause l’alcool dans les familles», écrit M. Plante.

Une réponse après un an

Dans sa réponse, qui a mis un an à venir, le Service des relations écrites avec l’auditoire affirme que ses commentaires ont été transmis à la Direction des émissions de culture et de variétés.

«Il est effectivement malheureux que des personnes luttant contre leur dépendance soit (sic) confrontées à l’image d’une consommation, même modérée, d’alcool, mais dans un univers médiatique ponctué de multiples messages commerciaux de bière, de vins et même de spiritueux, il serait excessif d’interdire à une émission de servir un verre de vin à ses invités», peut-on lire dans la réponse.

«Supprimer toutes les recettes»

Le point de vue de Denis Plante trouve aussi des opposants parmi les téléspectateurs. Dans le site de Tout le monde en parle, on peut lire le commentaire d’une internaute qualifiant cette croisade antialcool de «vraiment ridicule».

Se disant alcoolique et membre des AA, cette internaute «abstinente» écrit à l’animateur, Guy A. Lepage: «Ce n’est pas votre verre qui va pousser quelqu’un à boire! Rien ne peut faire boire quelqu’un qui ne le veut pas. Et rien ne peut empêcher quelqu’un de boire s’il le désire…»

Elle continue: «Si on commence à agir comme ça, il faudrait peut-être aussi, pour être conséquent, supprimer toutes les recettes présentées à la télé contenant du beurre, de la crème ou du sucre, sous prétexte qu’il y a du cholestérol, du diabète et de l’embonpoint dans nos maisons. C’est que les variantes de recettes de biscuits sodas, y en a pas beaucoup…»

 



21 septembre 2007 – Dans la chronique qui suit, Nathalie Elgrably nous fait part de ses craintes vis-à-vis un gouvernement qui étend des plus en plus ses tentacules dans la vie des citoyens.   Il est facile d’applaudir toute mesure qui sert à améliorer la qualité de vie des enfants, mais il faut aussi réfléchir aux effets pervers que ces mesures peuvent apporter et Mme Elgrably nous présente quelques-uns.   

Chronique de Nathalie Elgrably

Malbouffe: le culte infantilisant

Les compagnies de boissons veulent continuer à vendre le diète

Nathalie Elgrably* À compter du 1er janvier prochain, les aliments à faible valeur nutritive comme les frites et les boissons gazeuses seront supprimés des écoles du Québec.

Vouloir promouvoir de saines habitudes alimentaires est louable, mais le discours tenu est infantilisant et mensonger, tandis que les mesures déployées sont hypocrites et perverses.

Le discours est infantilisant, car il sousentend que les jeunes sont trop ignorants pour distinguer la nourriture saine de la malbouffe. Pourtant, nous vivons dans une société qui croule sous l'information, et il faudrait faire de gros efforts pour ignorer la promotion d'aliments santé, qu'il s'agisse de yogourts sans gras, de céréales sans sucre ou de pain de blé entier.

Le discours est mensonger dans la mesure où il est axé sur l'environnement. L'enfant serait " victime " des mauvais choix alimentaires qui s'offrent à lui. Or, il est faux d'affirmer que seule la malbouffe est disponible. Même McDonald's offre des salades!

Quant aux mesures employées, elles sont hypocrites, puisqu'on oublie d'incriminer les principaux responsables de l'obésité des jeunes: leurs parents. On entend parler de ce que l'État doit faire pour inculquer de saines habitudes alimentaires aux jeunes, mais il existe une omertà sur le rôle des parents. Évidemment, accuser un électeur de négliger l'alimentation de sa progéniture n'est pas politiquement rentable!

RESPONSABILITÉ ÉVIDENTE

Pourtant, la responsabilité des parents est évidente. D'une part, ce sont eux qui financent la consommation de frites de leurs enfants. D'autre part, le petit-déjeuner et le souper sont pris à la maison, ce qui représente deux tiers des repas de la journée, sans oublier les collations prises au retour de l'école et en soirée, et les week-ends, qui représentent 28 % de la semaine.

Si les cafétérias et les fast-foods sont actuellement dans la ligne de mire, ce n'est pas tant en raison du rôle qu'ils jouent dans l'obésité des jeunes, mais parce que personne n'a le courage de reprocher aux parents de garnir leur réfrigérateur de malbouffe.

Enfin, les mesures adoptées ont des effets pervers, car elles ouvrent la porte à une intrusion tentaculaire de l'État dans notre quotidien. Aujourd'hui, on vise les cafétérias, mais que fera-t-on si les enfants apportent à l'école des chips et des beignes? Vérifiera-t-on les boîtes à lunch? Inspectera-t-on le réfrigérateur des parents? Et que faire contre les habitudes sédentaires des jeunes qui passent des heures devant la télé ou l'ordinateur? Va-t-on permettre à des fonctionnaires ou à des bien-pensants d'imposer leurs standards?

Et puis, l'obésité frappe également les adultes. Si on permet aux fonctionnaires de faire la guerre aux jeunes, ils ne tarderont pas à la déclarer également aux adultes, si bien qu'il sera rapidement impossible de manger des frites sans craindre de voire débarquer l'escouade anti-malbouffe. Mais qui donc est propriétaire de notre corps, nous ou l'État?

Si tout le monde s'entend pour affirmer que les compagnies sont responsables de ce qu'elles vendent, pourquoi les individus ne le seraient- ils pas de ce qu'ils mangent? Le libre arbitre est-il donc à ce point évacué de notre société? Le premier pas dans la lutte contre l'obésité est de briser le culte de la victime et de responsabiliser les individus, jeunes et moins jeunes. Malheureusement, le concept de responsabilité individuelle est totalement étranger à tous les partisans de la nationalisation des corps!

Certains diront que l'intervention de l'État est nécessaire, car l'obésité impose des coûts importants aux contribuables en raison du système de santé public. Je répondrai à cet argument la semaine prochaine.

*L'auteure est économiste à l'Institut économique de Montréal.

 


21 septembre 2007 - Il y a des préjugés tenaces contre les obèses !  Voici ce que cette étude qui nous vient de l’Allemagne nous apporte comme ‘’découverte’’.   Était-il vraiment nécessaire de dépenser des ressources humaines et des précieux fonds de recherche pour arriver à une conclusion que n’importe qui avec une certaine logique aurait pu affirmer ?  Depuis plusieurs décennies les jeunes et moins jeunes obèses sont victimes de rejet et des moqueries de leurs paires.  Déjà que l’adolescence est une étape de la vie remplie de questionnements et d’insécurités de part et d’autre, rajouter une campagne contre l’obésité aussi insistante et moralisatrice comme le Canada entre autres états est en train de faire, n’est pas du tout responsable.  La bonne santé ne se limite pas au simple bien-être du corps.  La santé mentale y joue un rôle tout aussi, si non, plus important.  Qu’est-ce qu’on en fait ?  Nos jeunes n’ont jamais été aussi instables et perturbés.  Il n’y a jamais eu autant de médication prescrite aux jeunes pour combattre l’anxiété, la dépression et autre troubles mentaux, que présentement.  Il est grand temps que la santé publique recule de quelques pas et laisse les médecins de famille et autres intervenants conseiller les individus sur une base personnelle et laisser aux individus le soin de trouver leur propre équilibre entre la santé mentale et la santé physique.  Nul besoin de stigmatiser davantage ceux qui négocient avec les préjugés contre l’obésité à tous les jours.    

Le mercredi 19 septembre 2007

Préjugés tenaces contre les obèses, y compris chez les enfants

Agence France-Presse

Berlin

Les adolescents de 10 à 15 ans nourrissent de tenaces préjugés contre les obèses de leur âge, qu'ils imaginent paresseux et peu intelligents du seul fait de leur surpoids, révèle une étude publiée cette semaine en Allemagne.

«Les enfants obèses sont considérés comme les moins sympathiques, ceux avec qui on a le moins envie de jouer», résume Ansgar Thiel, professeur à l'Institut des Sciences du sport de l'Université de Tübingen, qui a conduit l'étude intitulée «Stigmatisation des enfants et adolescents obèses par leurs camarades du même âge».

Les 454 jeunes de 10 à 15 ans - 230 filles, 224 garçons - ayant pris part à cette étude se sont vu présenter six photos, représentant un garçon et une fille de poids «normal», un garçon et une fille de poids «normal» en fauteuil roulant, et un garçon et une fille obèses. Parmi ces six enfants photographiés, les sondés devaient dire, entre autres, qui leur semblait le (ou la) plus intelligent, le (ou la) plus beau, le (la) plus paresseux.

Résultat: le garçon ou la fille obèses ont été désignés comme le plus paresseux par 95% des sondés. Les deux tiers des jeunes ont désigné le garçon en surpoids comme le moins intelligent du panel présenté. Et près de 70% ont indiqué que ce même garçon obèse était le moins beau parmi les six personnes.

Ces données confirment «de manière effrayante», selon les auteurs, les résultats de précédentes études menées aux États-Unis, mais sur des adultes uniquement. Dans les années 1950, a souligné M. Thiel, le surpoids n'était pas encore lié à des préjugés sur les performances des gens.

Mais «aujourd'hui, le mot-clé c'est le fitness, un effort que l'on fait sur soi-même. Du coup, on pense que les gros ne sont pas prêts à faire des efforts et on les considère comme des fainéants», explique-t-il.

 


 

17 septembre 2007 – Augmentons l’essence et sauvons 16 000 vies !  Pendant qu’on ne se lasse pas de nous rappeler jour après jour que notre poids augmente au point d’en devenir une ‘’pandémie d’obésité’’, voici qu’un chercheur fait une corrélation entre l’augmentation du prix de l’essence et la perte du poids !   Petit clin d’œil : Si on se base sur les augmentations que l’essence a subit dans les dernières années, nous serons tous des squelettiques ambulants dans pas long.  

La hausse du prix de l'essence fait maigrir

La Presse

Mario Girard

L'augmentation du prix de l'essence fait maigrir. Chaque fois que le prix monte à la pompe, les consommateurs doivent se serrer la ceinture et bouger davantage. Conclusion: une perte de poids est enregistrée à moyen terme.

Après avoir comparé les fluctuations du prix de l'essence à des données sur la santé et le poids des Américains entre 1984 et 2004, Charles Courtemanche, chercheur à l'Université de Saint-Louis, a démontré qu'il y avait un lien direct entre ces deux facteurs.

«Quand le prix de l'essence grimpe, les coûts liés à la conduite augmentent également. Cela peut modifier le poids. Les gens se mettent à marcher, à prendre leur vélo, à utiliser le tramway ou le train. Dans tous les cas, ils bougent davantage, dépensent de l'énergie et brûlent des calories.»

Une augmentation du prix de l'essence modifie également le comportement des consommateurs. «Ils vont moins souvent au restaurant et préfèrent manger à la maison. Cela constitue un choix santé», ajoute M. Courtemanche.

Inversement, le chercheur a remarqué qu'une diminution du prix de l'essence, observée entre 1979 et 2004, a coïncidé avec un gain de poids chez les Américains durant la même période.

Le chercheur va plus loin en affirmant que, pour chaque dollar ajouté au prix de l'essence, une réduction de 15% du poids des Américains serait enregistrée.

«Cela aurait aussi pour effet de sauver environ 16 000 vies et de faire économiser 17 milliards par année aux Américains», pense cet expert en sciences économiques.

 


 

14 septembre 2007 - Quoi que honorable, le projet du gouvernement du Québec de retirer la malbouffe des cafétérias des écoles, risque d’être ‘’un coup d’épée dans l’eau’’ car la coercition n’a jamais apporté de bons résultats.  Si les parents des jeunes et les jeunes eux même ne sont pas conscientisés aux bonnes habitudes alimentaires, ce ne sont certainement pas les interdictions qui réussiront à les rendre responsables de leur santé et bien-être.  Cette interdiction a déjà commencé à donner naissance à une autre.  Dans certains cas les jeunes n’ont plus le droit de manger à l'extérieur de l’école à moins d’avoir l’autorisation de leurs parents.  Cette 2e interdiction va à son tour en générer d’autres, comme d’interdire aux restos de malbouffe de s’établir à proximité des écoles.  Sans éducation et bonne volonté, les interdictions se multiplieront ainsi à perpétuité.  Les mœurs d’une société ne peuvent pas changer sur un ordre de l’état du jour au lendemain.  Cela doit se faire avec beaucoup d’éducation, de persévérance et de patience.  Au lieu de retirer la malbouffe dans sa totalité, pourquoi ne pas avoir substitué les aliments un à la fois, étalé sur une plus longue période ?  Les jeunes se sentiraient moins heurtés dans leurs habitudes et l’ajustement se ferait plus en douceur.  Mais bien entendu cette méthode douce n’apporterait aucun avantage aux élus qui ne cherchent qu’à faire du capital politique, avec beaucoup de fanfare, n’est-ce pas ?

Un coup d'épée dans l'eau?

LCN Mise à jour : 14/09/2007

Le projet de Jean Charest de retirer la malbouffe des écoles est-il un coup d'épée dans l'eau?

La majorité des établissements scolaires sont entourés de restaurants de bouffe minute.

L'heure du midi a sonné à l'école secondaire Jeanne-Mance, à Montréal.

C'est par dizaines que les élèves se précipitent vers ce restaurant qui est situé à deux pas de l'établissement. En chemin, quatre adolescents disent préférer le fast-food au menu plus équilibré de la cafétéria.

On s'alimente aussi en grand nombre dans un dépanneur non loin de là.

Yan Kestens, chercheur à la Direction de la santé publique, a découvert que les milieux défavorisés étaient davantage exposées à la malbouffe.

«On a trouvé qu'on avait quand même près d'une école sur deux qui avait un restaurant fast-food à moins de 500 mètres de l'école», affirme le chercheur.

Au Collège Stanislas, le directeur de l'école ne tolère pas de voir les jeunes s'empiffrer dans les restaurants fast-foods le midi. Il a donc décidé de resserrer les règles pour garder les jeunes à l'intérieur des limites de l'école.

«En quatrième secondaire, ceux qui veulent sortir à midi doivent être autorisés par les parents, sinon ils restent et déjeunent dans l'établissement», explique Henri-Laurent Brusa, directeur de l'établissement.


 

 

27 août 2007 -  Par les multiples règlements des diverses agences gouvernementales, les copropriétés sont traitées de plus en plus comme des endroits publics.  Cette intrusion constante de l'état dans la demeure privée, porte atteinte à la Charte des droits et libertés de la personne qui stipule que la demeure est inviolable.  Nous sommes heureux de constater que de plus en plus de citoyens, ainsi que des associations, se rendent compte que l’état étend progressivement mais sûrement ses tentacules dans nos vies privées et demandent un redressement à cette situation qui risque de s’empirer si nous ne réagissons pas collectivement.

Les condos: privés ou publics?

Gilles Angers

La Presse

 

L'Association des syndicats de copropriété du Québec (ASCQ) trouve que les pouvoirs publics commencent à en prendre large dans la conduite des immeubles en copropriété et craint que cela mette en péril leur caractère privé.

D'après elle, il est clair que chaque immeuble est privé et ne peut, en aucun cas, être considéré comme public. Il est la demeure de leurs copropriétaires, y compris dans les parties communes. «Et au sens de la Charte des droits et libertés de la personne (art. 7 et 8), cette demeure est inviolable», trouve Michel C. Charlebois, président de l'Association.

Or, la Loi sur le tabac s'applique aussi aux copropriétés. Il est interdit de fumer dans des parties communes fermées sous peine d'amendes sévères. D'un autre côté, depuis le 1er janvier, les immeubles en copropriété tombent sous l'empire du nouveau Règlement sur la qualité de l'eau des piscines, comme les piscines publiques.

Il y a aussi la Commission de la construction (CCQ) qui, selon l'ASCQ, vient vous dire quoi faire chez vous. «Un syndicat qui, par exemple, donne un travail de peinture est considéré comme un propriétaire-entrepreneur. Le peintre doit avoir sa carte pour peinturer vos corridors», déplore l'Association.

Voilà encore la Commission de la santé et de la sécurité du travail qui frappe à la porte, estime l'ASCQ. Elle voudrait inspecter régulièrement, contre paiement, les ancrages des toits pour que les laveurs de vitres, entre autres, puissent travailler en toute sécurité. «Comme si nous étions des édifices publics», s'étonne l'ASCQ, qui représente 1400 syndicats de copropriété et 30 000 copropriétaires du Québec. (On estime à 20 000 le nombre de syndicats de copropriété au Québec et à au moins 200 000 le nombre des copropriétaires.)

De plus, le ministère du Revenu commande aux syndicats de remettre, sur demande, un formulaire (genre T4) aux personnes âgées d'au moins 70 ans, habitant leur immeuble, afin qu'elles puissent bénéficier d'un crédit d'impôt destiné à les encourager à continuer à habiter leur logis. Autre irritant, d'après l'organisme.

L'intrus numéro un

Mais au premier rang des «intrus», considère-t-il, il y a la Régie du bâtiment (RBQ). Elle se réclame du droit, sur la base de la sécurité du public et de la Loi sur le bâtiment, d'entrer dans tout immeuble - hormis une maison unifamiliale ou tout autre immeuble de moins de trois étages ou de moins de neuf logements - pour s'assurer du bon fonctionnement des ascenseurs. Encore qu'elle fait entrer «les étages en sous-sol» dans son calcul du nombre d'étages.

Tout cela, la RBQ dit le faire dans le respect de la Charte des droits et libertés de la personne d'autant plus que, «dans la réglementation en cause, les appareils visés sont dans les parties communes et non pas dans les parties privatives (logements) de ces bâtiments».

L'effet cumulatif et même coercitif des interventions de l'État dans les copropriétés est donc préoccupant, pense-t-on à l'Association des syndicats de copropriété.

Jusqu'où ira l'ingérence qui a, par ailleurs, une incidence sur le droit à la vie privée des propriétaires et celui d'administrer leurs immeubles, par l'entremise de leurs syndicats, conformément au Code civil ? veut savoir M. Charlebois.

Qu'on nous laisse gérer nos affaires, supplie-t-il, dans le respect des lois et de l'ordre public. Qu'on nous laisse en répondre devant les tribunaux pour le cas où nous le ferions mal. Chaque syndicat est conscient des méfaits du tabac et peut passer un règlement en interdisant l'usage dans les parties communes. Chacun sait qu'il doit garder sa piscine à l'eau claire et ses ascenseurs en bon état. Tandis que les compagnies d'assurance habitation, de leur côté, évaluent les risques de près.

«Doit-on s'attendre qu'un jour l'État vienne nous dire à quelle hauteur couper notre gazon? Et alors que les policiers assiègent parfois des immeubles en attendant un mandat de s'y introduire, qu'est-ce que c'est que cet organisme (RBQ) qui prétend entrer chez vous sans votre consentement, sans que vous ne l'ayez invité et même, à la limite, sans frapper ?» demande le président de l'ASCQ.

Avocat au sein du cabinet Mathieu Carrier de Québec et ancien président de l'Association, Gaëtan Mathieu met, de son côté, Québec en garde contre la surréglementation des copropriétés. Elle peut avoir un effet dissuasif sur ses détenteurs et acquéreurs éventuels. «D'autant que ce mode de propriété est vecteur d'ordre public, d'équilibre social et de conservation des bâtiments», analyse-t-il.

Devant les tribunaux

Craignant que l'État n'envahisse trop les champs de compétence des syndicats de copropriété, l'Association des syndicats de copropriété du Québec (ASCQ) est sur le point de s'adresser aux tribunaux pour savoir sur quel pied danser.

«Avant que l'interventionnisme n'aille trop loin et que les syndicats soient individuellement obligés de se défendre contre les organismes publics, nous prenons les devants», déclare le président de l'ASCQ, Michel C. Charlebois.

À cette fin, mais à la condition d'obtenir un appui financier raisonnable de ses membres, l'organisme ira demander à la cour de se prononcer sur les nouvelles dispositions de la Loi sur le bâtiment qui assimile les ascenseurs des immeubles en copropriété à un «équipement destiné à l'usage du public». D'où le pouvoir imparti à la Régie du bâtiment de les inspecter et d'ordonner, le cas échéant, des corrections.

«En somme, la question que nous voulons poser à la cour est simple : nos immeubles sont-ils privés ou publics?», résume M. Charlebois.

Si nous sommes publics, suppute-t-il, il faudra réécrire les chapitres du Code civil touchant les copropriétés divises. Tout en retranchant sur le droit des copropriétaires d'administrer leurs bâtiments et sur le principe de «l'inviolabilité de leur demeure».

Raymond Carrier est avocat et membre de l'étude Mathieu Carrier de Québec. En matière de droit de la copropriété, il a du «millage» à son actif.

Il est persuadé que, depuis le terrain jusqu'aux parties privatives en passant par les espaces communs, une copropriété est privée. Ce, absolument. On a donc besoin de l'accord des gens pour y entrer.

À première vue, il estime fondées les inquiétudes de l'ASCQ. «Pourvu qu'elle évite, dans son projet de recours, d'agir avec précipitation», pense-t-il.

La Régie réplique

Tout en réaffirmant le droit de la Régie du bâtiment (RBQ) de voir à ce que les ascenseurs des immeubles en copropriété soient en bon état, Hélène Chouinard du service des communications de l'organisme rappelle que ce droit, enchâssé dans la Loi sur le bâtiment, est fondé sur les appréhensions que voici.

- Selon une enquête menée par la RBQ, l'état des ascenseurs, dans plusieurs immeubles en copropriété, donne lieu à des manquements importants.

- Si un accident tragique, résultant d'un ascenseur défectueux, survenait dans un de ces immeubles (parmi les plus gros, spécialement), l'opinion publique serait impitoyable à l'endroit de la RBQ, d'après Mme Chouinard. On la blâmerait pour son inaction.

- Dans les immeubles en copropriété d'envergure, où les puits d'ascenseur sont d'ailleurs très profonds, circulent en plus des occupants leurs invités ; des déménageurs, des ouvriers et des représentants. Tout ça fait bien du monde.


 

20 août 2007 – La responsabilité parentale est une fois de plus substituée par l’autorité de l’état qui se permet de soustraire aux parents le droit de donner à leur progéniture une éducation selon leurs propres valeurs et croyances.  En quoi est-ce que cela changerait leur statut de citoyen et empêcherait ces enfants de mener des vies actives et productives dans la société si on ne leur enseignait pas le principe de Darwin à l’école ou l’histoire de certains personnages aux valeurs contraires des mennonites ?   Ne revient-il pas aux parents de transmettre les valeurs aux enfants et de leur laisser libre choix plus tard de suivre ou de rejeter ces valeurs pourvu que le tout reste en dedans des limites du respect d'autrui ?

Les mennonites quitteraient le Québec pour protéger leurs enfants... de Darwin

Le Devoir Édition du lundi 20 août 2007

La seule petite communauté de mennonites au Québec réside dans la région de Roxton Falls

La seule communauté mennonite du Québec, des protestants anabaptistes au mode de vie en marge de la modernité, menace de quitter la province francophone dans les prochains semaines afin de préserver ses enfants de l'enseignement de la théorie de l'évolution.

«Tous les parents d'élèves vont quitter le Québec d'ici un mois pour échapper à des poursuites possibles évoquées par le ministère de l'Éducation», regrette Patrick Andries, père de quatre enfants avec sa femme mennonite et résident du village de Roxton Falls, à une centaine de kilomètres de Montréal.

Le ministre québécois de l'Éducation avait visité en novembre dernier l'école fondée par les mennonites et décrété qu'elle n'était pas conforme à ses exigences quant au programme scolaire et à la formation du personnel enseignant. En juin, le ministère a menacé de poursuites les membres de la petite communauté s'ils rouvraient les portes de leur école à la rentrée de septembre.

Au Québec, plusieurs écoles religieuses appliquent le programme du ministère de l'Éducation en y ajoutant des cours d'éducation religieuse et de langue. Mais la communauté mennonite refuse de se voir «imposer» un tel programme.

Lors de l'apprentissage de la lecture, le ministère «va imposer des histoires, des personnages, qui mettent de en avant des modes de vie, des rôles, jugés négatifs par les mennonites», poursuit M. Andries, citant notamment le sujet tabou de «l'homosexualité».

«Il y a aussi l'imposition de la théorie darwinienne qui pose problème. On peut penser ce qu'on veut de la théorie darwinienne... mais pourquoi faut-il absolument heurter les sentiments des mennonites qui trouvent cela vraiment contraire à leur vision du monde», se plaint-il.

Les mennonites nient la théorie de l'évolution des espèces par la sélection naturelle, contraire à leur doctrine du créationnisme selon laquelle les espèces ont été créées par Dieu.

Près de 200 000 mennonites, des protestants orthodoxes proches des Amish, vivent au Canada, mais seulement une poignée réside au Québec, selon les données du dernier recensement.

Le mouvement amish est en fait une dissidence de la communauté protestante des mennonites, apparue en Suisse au moment de la Réforme, au XVIe siècle, qui considère que seuls les adultes, après avoir confessé leur foi, peuvent recevoir le baptême.

Réactions locales

Dans les autres provinces canadiennes, comme aux États-Unis, les jeunes mennonites peuvent suivre leur propre programme d'enseignement à l'école, mais doivent passer un examen normalisé.

«Notre école est prête à les recevoir, mais ce sont les mennonites qui ne veulent pas. Il y a certains éléments du programme qui ne cadrent pas du tout avec leur foi», explique le maire de Roxton Falls, Jean-Marie Laplante.

Le refus des mennonites d'intégrer l'école locale ne dérange toutefois pas les habitants du village. Ils ont écrit au premier ministre du Québec, Jean Charest, pour lui demander de «trouver un moyen» d'assurer la survie de l'école mennonite et de «suspendre» toutes procédures judiciaires.

«Ils se sont intégrés à notre milieu très facilement. Ce sont des gens impliqués, travaillant, des propriétaires de ferme ou de commerces dans la région», souligne M. Laplante.

D'autres cas d'écoles religieuses en marge des normes de l'Éducation ont défrayé la chronique récemment, notamment des écoles juives centrées sur l'enseignement de la Torah.

Le ministère a fermé en juin, à la suite d'une ordonnance de la Cour supérieure du Québec, l'Institut Laflèche, une école dirigée par le groupe religieux Mission de l'esprit saint, qui voue un culte à Eugène Richer dit «Laflèche», son maître fondateur, un policier québécois né en 1871 et mort en 1925.


 

 

26 juillet 2007 - Nous avons dit plus d’une fois que la campagne anti-obésité est basée sur les principes de la campagne anti-tabac.  Ce qui manquait était l’angle parfait pour la rendre socialement inacceptable.  Voici qu’on l’a trouvé inventé.  L’obésité est maintenant contagieuse.  La pseudoscience épidémiologique nous fournit dorénavant les munitions non seulement pour blâmer quelqu’un d’autre pour nos choix de vie, mais pour aussi stigmatiser nos semblables.  En classifiant l’obésité de contagieuse, la santé publique se donne libre cours pour implémenter quelconque mesure ou législation qui envahira davantage notre vie privée. 

Radio-Canada

Obésité

Une maladie sociale contagieuse

L'amitié fait grossir ou maigrir.

L'obésité ou la minceur ne sont pas affaires personnelles, mais interpersonnelles.

C'est ce que révèle une étude menée par des chercheurs des universités Harvard et de la Californie à San Diego.

Dans leur étude publiée le 26 juillet par The New England Journal of Medicine, Nicholas Christakis et James Fowler affirment que l'obésité se répand par les réseaux sociaux.

Quand un individu gagne du poids, cela augmente sensiblement le risque que ses amis, ses frères ou son conjoint gagnent du poids de la même manière.

Attention les amis!

Ceux qui risquent de prendre le plus de poids, ce sont les amis.Selon les chercheurs, quand un individu devient obèse, cela augmente de 57 % le risque que son ami devienne obèse lui aussi. Pour son frère, le risque tombe à 40 % et il descend à 37 % pour sa femme.

Par contre, sa prise de poids n'a aucun impact sur ses voisins, s'ils ne font pas partie de son réseau d'amis. De plus, la distance géographique entre deux personnes d'un même réseau social ne réduit pas le risque.

« Ce que nous constatons, c'est que l'obésité d'une personne peut influencer de nombreuses autres personnes avec lesquelles elle est en relation directe et indirecte », affirme Nicholas Christakis, professeur à l'école de médecine de l'Université Harvard. « En d'autres termes, ajoute-t-il, les personnes obèses ou non obèses ne cherchent pas simplement des personnes qui leur ressemblent. Mais, plutôt, il y a une relation de cause à effet directe. »

L'obésité monte en flèche

Depuis 25 ans, l'incidence de l'obésité chez les adultes américains a plus que doublé, grimpant de 15 % à 32 %. Par ailleurs, environ 66 % d'entre eux sont considérés comme ayant un surpoids.

Nicholas Christakis and James Fowler ont étudié les réseaux sociaux de 12 067 personnes pendant 36 ans. Ils se sont penchés sur un total de 38 611 liens familiaux et sociaux.

« Le fait que les voisins ne s'influencent pas mutuellement, note Nicholas Christakis, et que la séparation géographique n'influe pas sur le risque entre frères ou entre amis montre que les facteurs environnementaux ne sont pas essentiels. Ce qui semble se passer c'est qu'une personne qui devient obèse produit probablement un changement de normes sur ce qui est considéré comme un poids approprié. Les gens en arrivent à penser qu'il normal d'être plus gros puisque ceux qui nous entourent sont plus gros, et cette façon de penser se répand. »

Les auteurs concluent que l'obésité doit être considérée non seulement comme un problème clinique, mais aussi comme un problème de santé publique.

 


 

‘’En scrutant ce vide idéologique qui l'agace, Rozon montre d'ailleurs du doigt les groupes sociaux et autres représentants communautaires qui auraient pris le contrôle des débats publics et du même coup, la société en otage. «C'est fascinant: de plus en plus, la minorité parle pour la majorité et la majorité ne répond pas», dit-il.’’

11 juillet 2007 - Cet article du journal le Devoir nous relate les doléances de M. Gilbert Rozon, fondateur du festival Juste pour rire.  Tout comme nous, il dénonce les groupes de pression, qui sont devenus trop puissants au point d’étouffer l’avancement de la société québécoise.   Souvent très bien financées à même nos taxes, ils emploient un discours mielleux qui manipule les émotions et, avec la complicité consciente ou inconsciente des médias, volent la procuration des citoyens et prétendent parler pour la majorité pendant que cette même majorité ne trouve pas de porte parole pour véhiculer ses vrais désirs.  Ainsi les politiques du Québec sont influencées par ceux et celles qui sont les plus vocables sans tenir compte des vrais souhaits de la majorité des citoyens. 

Dans l'antichambre de l'amertume

Fabien Deglise
Édition du mercredi 11 juillet 2007

Le fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon, se dit déçu du Québec

Après le maire de Montréal, accusé de manquer de leadership, c'est au tour du Québec au grand complet de subir les foudres du président fondateur du festival Juste pour rire, Gilbert Rozon. Paralysé par la peur, par l'«aplaventrisme» des élus, des décideurs et par la chape moralisante qui est tombée sur la société «dans les 20 dernières années», ce Québec se trouverait aujourd'hui dans un vide inquiétant et avancerait doucement vers une crise majeure, selon lui. Et il compte à l'avenir engager une partie de son empire du rire pour forcer les gens à réfléchir et à se questionner sur leur avenir. En rigolant un peu.

«Aujourd'hui, nous ne faisons plus rien, nous sommes collectivement bloqués et le contexte devient insoutenable pour tout le monde, lance-t-il, assis sur la grande terrasse de son bureau du centre ville de Montréal où Le Devoir l'a rencontré il y a quelques jours. Le Québec est devenu trop consensuel, trop effrayé aussi par les nouveaux projets politiques, économiques et sociaux. Si l'on ne donne pas un coup de barre rapidement, c'est la crise qui nous attend. On peut continuer à se fermer les yeux, mais à ce rythme-là, cette crise ne pourra pas être évitée.»

À la tête d'une multinationale de l'humour, Rozon, qui vient tout juste de lâcher ses clowns en ville pour la 25e édition de son célèbre festival, n'a plus beaucoup le goût de rire. «Je suis dans l'antichambre de l'amertume, dit-il, mais j'ai aussi la chance, comme personnalité publique, de pouvoir sonner l'alarme. Et si je le fais, c'est pour, entre autres, m'assurer de laisser à mes enfants un Québec plus audacieux que celui que l'on connaît maintenant.»

Récemment chauffé par l'intransigeance de la ministre fédérale du Patrimoine, Bev Oda -- elle a refusé de devancer la mise en place d'un programme de soutien aux festivals -- ainsi que par le manque de coopération des fonctionnaires de la Ville de Montréal, Gilbert Rozon semble finalement en avoir bien plus sur le coeur. «Je voyage beaucoup et cela force la comparaison, dit-il. Or, je déplore l'inertie qui prévaut au Québec. Au lieu d'entreprendre, nous avons choisi depuis quelques années le statu quo. Le problème, c'est que le statu quo nous fait reculer, alors que tout le monde autour de nous avance.»

Pris en otage

En scrutant ce vide idéologique qui l'agace, Rozon montre d'ailleurs du doigt les groupes sociaux et autres représentants communautaires qui auraient pris le contrôle des débats publics et du même coup, la société en otage. «C'est fascinant: de plus en plus, la minorité parle pour la majorité et la majorité ne répond pas», dit-il.

L'échec, au cours des derniers mois, de la construction d'un nouveau casino à Montréal en collaboration avec le Cirque du Soleil est d'ailleurs un signe révélateur de cette équation, délétère à moyen et à long terme pour le Québec, selon l'homme d'affaires. «C'est un grand actif touristique qui nous est passé sous le nez, résume Rozon. Guy Laliberté a été envoyé promener pour un projet qu'il va pouvoir réaliser n'importe où ailleurs dans le monde. C'est triste. C'est comme si on avait refusé de faire le Mont-Tremblant. Et au final, les gens vont continuer de jouer au casino, mais dans un endroit moins grandiose qui ne va pas attirer l'élite internationale.»

L'idée de construire, de créer de la richesse et de réformer des structures afin de les inscrire dans l'air du temps n'est de toute évidence pas à l'ordre du jour politique et social, déplore d'ailleurs le grand manitou de l'humour dont l'empire rayonne un peu partout sur la planète. Avec «40 % de la population qui ne paient pas d'impôts, que voulez-vous faire, demande-t-il? Dans ce contexte, notre démocratie se retrouve affaiblie, c'est sûr. Nous avons besoin de réformes, mais nous ne pouvons pas demander à ces gens-là de changer un système comme celui-là qui est à leur avantage. En même temps, tout le monde va devoir faire des sacrifices. Mais encore une fois, on ne peut pas demander à ces 40 % de personnes d'en faire puisqu'elles ne sont pas habituées à ça.»

Dettes publiques en hausse, «infrastructures décrépites», système de santé par endroit «à la limite tiers-mondiste», système scolaire sclérosé, les corollaires sont faciles à contempler un peu partout au Québec, estime Rozon. Ils devraient aussi forcer la réflexion et imposer la remise en question d'un «modèle de société qui pendant longtemps a fait école», mais qui peine aussi à se renouveler, poursuit-il. «En même temps, la montée du conservatisme vient révéler un peu cette peur du questionnement. C'est comme si on était en train de construire un mur pour se protéger, pour ne pas regarder ce qui se fait ailleurs, pour ne pas se comparer.»

Rire et réfléchir

Ce conservatisme, le patron des clowns espère s'en tenir loin et inciter du même coup les comiques de son écurie à en faire autant. «Juste pour rire n'est pas un parti politique, dit-il. Mais comme citoyen, j'ai des opinions et aussi une responsabilité sociale» qui le placerait désormais dans de bonnes dispositions pour faire émerger un type d'humour plus réflectif, plus revendicateur et pourquoi pas plus engagé, histoire de passer par le rire pour brasser la cage.

«La programmation du 25e anniversaire [du festival Juste pour rire] n'a pas été faite en ce sens, avoue-t-il tout en coupant pour la énième fois le sifflet à son téléphone cellulaire qui n'arrête pas de sonner. Mais en même temps je considère, dans l'apathie ambiante, qu'Yvon Deschamps [dont les monologues seront présentés pour une dernière fois sur scène lors des galas] est un service essentiel. Il va pouvoir réveiller le monde et, un peu comme une boussole, donner le nord.»

D'autres gagneraient aussi à emboîter le pas au patriarche de l'humour, dit Rozon, qui reconnaît que, sous la pression d'un discours moralisant excessif alimenté par certains groupes de pression, certaines institutions et certains médias, l'humour s'est un peu «empantouflé» «dans des formes et des trucs» consensuels pas toujours sains. «Depuis 20 ans, il y a une forme d'"aplaventrisme" généralisé qui fait que ceux qui parlent plus fort deviennent plus mielleux pour plaire à tout le monde et surtout pour ne pas déplaire à quelques prélats qui ont décidé ce qui était bon pour nous», résume-t-il. «La peur de déranger fait que l'on devient un peu lisse et l'on finit par passer entre le mur et la tapisserie.» Un drame dans un monde, celui de l'humour, qui devrait normalement «regarder les choses autrement, casser les dogmes, repousser les frontières et surtout ne pas avoir peur de dire tout haut ce que plusieurs pensent tout bas», poursuit Rozon.

L'homme donne d'ailleurs le ton et l'exemple en n'hésitant plus à ruer publiquement dans les brancards pour dénoncer les travers d'un Québec où «l'arbre que j'ai planté a ses racines», dit-il. «Je ne peux pas d'un côté dénoncer la langue de bois et user de cette langue de bois», résume-t-il. «Je m'attends à payer le prix pour mes prises de position, mais j'espère aussi que d'autres [personnalités publiques de sa trempe, mais aussi des notables moins médiatiques], pas juste dans le domaine de la culture, vont faire le même genre de sortie. Le temps est arrivé de mettre enfin les pendules à l'heure.»


 

10 juillet 2007 - Cet article qui fait l’analyse d’une étude sur les habitudes des Canadiens par rapport à l’utilisation de la marijuana, met en évidence la différence entre une analyse honnête et objective, versus la propagande financée par des groupes de pression qui font fi de tout bon sens et science pour faire avancer leur agenda.  Cette analyse est tout à fait en harmonie avec les principes de C.A.G.E.  notamment que la prohibition n’est pas la solution, et que toute étude doit être prise avec un bémol et un esprit critique pour détecter les subtilités qui peuvent faire toute une différence dans la perception des citoyens.  La conclusion de l’étude est que les Canadiens fument plus de mari que les Néerlandais.  Cette conclusion ne veut absolument rien dire tant que les données n’ont pas été évaluées d’un point de vue objectif et informé comme les critiques ont fait dans l’article. 

Selon une étude

Les Canadiens fument plus de mari que les Néerlandais

Presse Canadienne (PC)  Kristine Owram
10/07/2007 21h07 

Les Canadiens sont plus nombreux que les Américains et même les Néerlandais à fumer de la marijuana, affirme une nouvelle étude, mais les experts estiment qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter.

Réalisée par les Nations unies, l'édition 2007 du Rapport mondial sur les drogues révèle que 16,8 pour cent des Canadiens âgés de 15 à 64 ans ont fumé de la marijuana en 2004 - le taux le plus élevé de tous les pays développés. Le document étudiait les données pour 2005 ou l'année la plus récente pour laquelle des chiffres étaient disponibles.

En comparaison, 12,6 pour cent des répondants américains ont admis avoir utilisé de la marijuana, contre 8,7 pour cent au Royaume-Uni, 8,6 pour cent en France, 6,9 pour cent en Allemagne et 0,1 pour cent au Japon.

Mais Benedikt Fischer, un spécialiste des politiques en matière de drogues à l'Université de Victoria, estime que le rapport de l'ONU est trompeur puisqu'il n'a pas étudié la manière dont la marijuana était utilisée.

«D'un point de vue de santé publique ou d'un point de vue des conséquences, ces chiffres ne veulent pas dire grand chose, a-t-il expliqué. Nous voulons savoir combien de ces gens ont utilisé de la marijuana très fréquemment, combien ont des problèmes liés à la marijuana et, troisièmement, quelles sont les conséquences sociales?»

Il a ensuite précisé que ces chiffres ne le surprennent pas vraiment, puisqu'ils sont très similaires à ceux contenus dans des études précédentes.

Un autre expert, l'avocat Eugene Oscapella, précise de son côté que le rapport de l'ONU illustre que le statut juridique de la marijuana dans un pays donné n'a pas vraiment d'incidence sur le taux d'utilisation.

Ce taux se chiffrait à 6,1 pour cent aux Pays-Bas, où l'usage de la marijuana a été à toutes fins utiles décriminalisé. Cela démontre que la décriminalisation n'a aucun impact sur l'utilisation et que le Canada ne devrait pas hésiter à suivre l'exemple néerlandais, a dit Me Oscapella.

«La loi criminelle n'empêche pas les gens d'utiliser la marijuana, et la décriminalisation ne les force pas à le faire», a-t-il dit.

L'actuel gouvernement fédéral conservateur, quand il a pris le pouvoir, a écarté un projet de loi présenté par les libéraux de Jean Chrétien en 2003 qui aurait décriminalisé la possession d'une petite quantité de marijuana.

Me Oscapella croit que le Canada devrait s'attaquer aux causes qui sous-tendent l'abus de drogues plutôt que de poursuivre les gens qui en ont en leur possession.

«C'est une question sociale et de santé, a-t-il expliqué. La loi criminelle n'est pas le mécanisme approprié pour confronter la question des drogues dans une majorité de cas.»

Le rapport révèle enfin que les Canadiens ont un taux relativement bas d'utilisation de drogues dures comme les amphétamines et l'ecstasy.


 

2 juillet 2007 - Le jeudi 28 juin 2007, la Cour Suprême du Canada a statuée que malgré que la loi anti-tabac sur la publicité viole certains droits constitutionnels, la santé publique prévaut, donc toutes les restrictions sur la publicité des produits du tabac demeurent inchangées. 

Malgré qu’au fond nous ne sommes pas contre des restrictions sur la publicité du tabac, surtout lorsque des telles publicités visent les mineurs directement ou indirectement, nous ne pouvons passer sous silence l’inquiétude qu’une telle décision suscite en nous.  En vérité cette décision met en évidence que les droits constitutionnels n’ont plus aucun poids devant la santé publique.  Nous ne serions pas inquiets, et nous serions même soulagés si toute loi qui a rapport à la santé du peuple était basée sur des preuves scientifiques irréfutables et si nous pouvions faire une confiance aveugle à nos décideurs qui rédigent ces lois.  Malheureusement, nos recherches nous laissent, au mieux, sceptiques, au pire, alarmés devant un nombre de preuves qu’on nous brandit pour adopter certaines mesures de santé publique.   Si la santé publique prime sur tout droit constitutionnel, qu’est-ce qui empêche tout consensus de société, fondé ou non,  de devenir prétexte pour nous soustraire de nos libertés civiles une par une au gré des politiciens sous l’insistance des groupes de pression et des lobby corporatifs tels que le lobby pharmaceutique?  

L’épidémiologie, sur laquelle la majorité des mesures de santé publique est basée, est une branche de la science tellement inexacte qui se contredit tellement souvent d’une étude à l’autre, que cela devient un exercice périlleux de s’y fier pour légiférer, surtout lorsqu’une jurisprudence telle que la cour Suprême a créée,  ouvre la porte grande pour d’autres violations de la constitution. 

La vigilance et prudence sont de mise.  Nos libertés en dépendent.

Lien pour accéder au texte de la décision:  http://scc.lexum.umontreal.ca/fr/2007/2007csc30/2007csc30.html


 

28 juin 2007 - On se souvient tous comment que la loi anti-tabac nous a été vendue en tant que mesure pour protéger la santé des non-fumeurs.  Les plus lucides ont compris dès le début que cette loi était plutôt conçue pour forcer les fumeurs à écraser et la publicité sur les produits nicotiniques est devenue omniprésente dans notre quotidien.  Cette interdiction des prisons fédérales est une preuve de plus que l’industrie pharmaceutique est plus qu’instrumentale dans ces lois anti-tabac. 

Analysons la situation :  Voici des détenus dont 72% sont fumeurs.  Voici un groupe de personnes qui sont prisonniers dans tout le sens du terme et ne peuvent sortir de la cour pour aller fumer ailleurs que sur le territoire de la prison.  Voici qu'on leur interdit maintenant de fumer même dans la cour de la prison.  Quels choix s'offrent à eux ?  Soit la désobéissance et les émeutes, ou bien les remplacements de nicotine pharmaceutique, payée par nos taxes!  Si cela n'est pas de la médication forcée qui ne fait que servir les intérêts de l’industrie pharmaceutique, qui va à l'encontre de tous les droits de la personne et l'encontre du code civil du Québec, et bien on ne sait pas comment l'interpréter autrement!   Si vous vous dites que les prisonniers ne méritent pas mieux, et bien dites-vous que si on ferme les yeux sur cela, notre tour viendra qu’un jour on nous forcera de nous médicamenter soit pour combattre notre tabagisme, notre obésité, notre consommation d’alcool et toute autre habitude de vie, que l’état, sous les recommandations intéressées de l’industrie pharmaceutique et les groupes de pression qu’elle finance, n’approuve pas. 

Prisons canadiennes

Fini le tabac dans la cour

Louis-Mathieu Gagné
Le Journal de Montréal
28/06/2007 08h05

Le Service correctionnel canadien forcera ses détenus à cesser de fumer d'ici un an en bannissant la cigarette à l'extérieur de ses pénitenciers.

À partir du 30 avril 2008, l'usage du tabac sera totalement interdit sur les terrains des établissements carcéraux, a annoncé mardi le commissaire du Service correctionnel du Canada (SCC), Keith Coulter.

«On veut offrir aux détenus et aux employés un environnement sain et sécuritaire», explique Guy Campeau, porteparole national au SCC.

Cette décision découle des ratés de l'interdit de fumer à l'intérieur des pénitenciers instauré le 31 janvier 2006.

«Des détenus fumaient quand même dans les pénitenciers, exposant les autres détenus et les employés à la fumée secondaire», explique le porte-parole.

Troubles et conflits en vue

M. Campeau reconnaît que cette nouvelle politique risque d'être mal accueillie par les détenus, dont 72% sont fumeurs.

De plus, la cigarette est souvent utilisée comme monnaie d'échange entre détenus pour des biens et des services. «Ça peut entraîner des troubles et des conflits, mais on a des mesures de sécurité pour contrer ces situations», dit-il.

Des arrangements seront toutefois pris pour accommoder les groupes culturels et religieux pour qui le tabac a une valeur rituelle, indique le porte-parole.

Pour faciliter la transition, des timbres de nicotine seront offerts gratuitement au cours des trois mois précédant et suivant l'interdit.

Agents correctionnels satisfaits

Le syndicat des agents correctionnels canadiens salue la décision du commissaire. Il ne croit pas que cela va se traduire par de la désobéissance, voire des émeutes

«Si les mesures et les programmes pour cesser de fumer sont bien appliqués, ça devrait bien aller», dit Pierre Dumont, président syndical pour le Québec.

Choqué, l'Office des droits des détenus qualifie cette politique de «totalitaire». «On adopte une politique spécifique et non plus générale qui vise une catégorie de personnes. C'est discriminatoire», dit son président Jean-Claude Bernheim.

Le SCC administre 58 pénitenciers qui hébergent quelque 12220 détenus.


 

20 juin 2007 – L’Angleterre obtient la palme d’or en ce qui a trait à la tendance de l’état nourrice.  Tant qu’à bannir la publicité sur les œufs, pourquoi ne pas faire pareil pour tout produit qu’on publicise, que ce soit une épingle à couche avec laquelle nous pouvons nous piquer, jusqu’à l’automobile avec lequel nous pouvons être victime ou causer un accident.  D’ailleurs l’Angleterre a aussi banni la publicité sur le lait entier et certains fromages,  pendant les heures d’écoute des mineurs!   

Le Mercredi 20 Juin 2007

Cyberpresse

La censure nutritionnelle frappe les oeufs britanniques

Y a-t-il quelque chose de plus britannique que manger des oeufs au petit-déjeuner ?

Et bien croyez-le ou non, l’organisme chargé de la surveillance des publicités en Grande-Bretagne vient d’interdire la diffusion d’une campagne publicitaire encourageant les consommateurs à manger des oeufs pour le petit-déjeuner.

La campagne n’est pas nouvelle. C’est un classique publicitaire. Une campagne lancée il y a 50 ans qui a marqué la culture populaire.  Un peu le “Je craque pour toi mon coco” du Royaume-Uni ou le “Je bois mon lait comme ça me plaît” de plusieurs générations. Les producteurs d’oeufs voulaient la remettre en ondes pour marquer son 50e anniversaire.  Mais le  Broadcast Advertising Clearance Centre (BACC) dit non.

Pourquoi ? Parce que les annonces ne vantent pas les vertus d’un régime alimentaire équilibré. Il aurait fallu que le petit-déjeuner à base d’oeufs présenté dans la pub ait un peu de fruits ou de pain brun.

Ahurissant, non ?


 

20 juin 2007 - Nous sommes tentés de répondre à M. Bélanger, dont la lettre publiée au quotidien Le Devoir ici-bas, de se consoler, car ce traitement n’est plus exclusivement destiné aux ‘’p’tits vieux’’.  L’état nourrice se charge de plus en plus de nous infantiliser qu’importe notre âge.  Statistiques Canada a d’ailleurs publié un rapport sur les habitudes alimentaires de la population ( Moins de légumes dans les assiettes ) , qui ne reflète pas les résultats espérés par les diverses campagnes de sensibilisation.  Avis aux intéressés : Rentrez dans le rang,  car si vous refusez de vous plier aux lignes directrices de l’état, ce qui est éducation aujourd’hui, deviendra législation demain, si on se fie sur ce qu’on constate par les diverses mesures coercitives dans d’autres pays tel que l’Angleterre. 

Lettres: De l'infantilisation des p'tits vieux

Pierre W. Bélanger, Sociologue et professeur émérite en sciences de l'éducation à l'Université Laval. Le 16 juin 2007

Journal le Devoir - Édition du mercredi 20 juin 2007

 «Mon p'tit Monsieur, voulez-vous une bonne p'tite soupe?» C'est ainsi que s'enclenche le processus, bien connu en sciences sociales, de l'infantilisation des aînés.

Si vous laissez quelques morceaux de légumes dans le fond du bol de soupe, quelqu'un vient vous dire: «Mangez les légumes, c'est bon pour la santé» et offre de vous faire manger à la cuillère. Il ne manque que la chaise haute et la chaleur maternelle pour reculer jusqu'à la petite enfance. Le retour n'est pas seulement personnel, il est également historique, comme Philippe Ariès l'a admirablement documenté.

Si vous résistez toujours, le médecin traitant peut alors recourir à sa trousse pharmaceutique et vous prescrire un médicament que l'infirmier «passeux de pilules» vous dira être destiné à «contrôler votre humeur», ce qui est arrivé au soussigné dans un hôpital de Québec.

En terminant, une question au ministre Couillard: sur la nouvelle somme de 40 millions de dollars prévue pour l'adaptation des jeunes, quel montant prévoit-on pour l'adaptation des p'tits vieux infantilisés dans leur centre d'accueil?

Avec toute ma dignité humaine retrouvée.
 

 


10 juin 2007 - Dans une société où il n’y a pas assez d’effectifs pour faire respecter les lois, ce qui nous éviterait des vrais préjudices et dangers, où notre système judiciaire est déjà surchargé, nous ne pouvons qu’être d’accord que le commerçant dans l’histoire qui suit, aurait mérité qu’on lui donne un avis ou tout au plus une amende au lieu de lui retirer son permis qui le prive des revenus essentiels à sa subsistance.  La sur-réglementation et bureaucratie dans nos commerces est déjà assez complexe sans qu’on soit obligé de se défendre en cour contre les excès de zèle des agents de l’état pour des écarts aux règlements, qui en bout de ligne ne font pas grand préjudice à personne. 

Poursuite d'un épicier contre la SAQ

David Santerre
Le Journal de Montréal
10/06/2007 09h39 

Un épicier du Centre-du-Québec poursuit pour 113 924 $ la SAQ, qui aurait résilié son contrat d'agent après qu'il eut commis un écart à son contrat. Son crime? Pour satisfaire une cliente, il aurait acheté un vin à 9,85 $ dans une succursale de la SAQ autre que celle qui lui est attitrée.

L'automne dernier, le supermarché Dubuc de Deschaillons, à l'est de Gentilly, était agent de la SAQ depuis à peine un an.

Les agents, ce sont ces dépanneurs ou épiceries souvent situés dans de petites municipalités où il n'y a pas de succursales de la SAQ. Plutôt que de vendre de banals «vins de dépanneur», ces agents peuvent vendre les vins et spiritueux importés de la SAQ.

Ils s'approvisionnent à la succursale de la SAQ la plus près, qui leur vend à rabais les produits, qu'ils revendent à profit.

À l'automne, une cliente du supermarché demande au propriétaire, Jean-Claude Dubuc, s'il peut lui trouver un vin qu'elle aime bien, un modeste italien, le Quartana Spinelli terre-di-chieti, vendu 9,85 $ le litre.

Comme la SAQ Classique de Gentilly, où il s'approvisionne, ne peut le lui procurer à court terme, il va voir du côté de la SAQ Dépôt de Trois-Rivières, où il trouve.

Il achète donc une caisse de ce vin, qu'il met en vente à son épicerie.

Mais le 7 novembre, lit-on dans la poursuite déposée par l'avocat de M. Dubuc cette semaine au palais de justice de Montréal, les choses ont mal tourné quand un représentant de la SAQ est venu le visiter.

Il a informé M. Dubuc que deux produits qu'il ne peut vendre, car ils «ne provenaient pas de la succursale de Gentilly», étaient sur ses tablettes, stipule la requête.

C'est alors que M. Dubuc dit avoir appris qu'il était obligé de s'approvisionner à la SAQ de Gentilly exclusivement.

Il a retiré les bouteilles de son étalage, croyant la crise désamorcée.

Qu'à cela ne tienne, M. Dubuc a reçu le lendemain une mise en demeure l'informant que son contrat était résilié et l'enjoignant de vider ses tablettes de vin.

«Je leur ai dit Mettez moi à l'amende, je vais me conformer. Mais ils n'ont rien voulu savoir», jure M. Dubuc en entrevue.

Lui et son avocat estiment qu'il aurait eu droit à un préavis avant une décision si sévère qui le privera de revenus de 113 924 $ pour les quatre ans restant au contrat.

«Ça veut dire que les agents de la SAQ ne peuvent améliorer le service à leurs clients par des initiatives personnelles. Ils doivent se limiter à la succursale qui leur est attitrée. Certaines, comme Gentilly, n'ont pas un grand choix», déplore Me Marc Plamondon, avocat de Jean-Claude Dubuc.

Manquement grave

La SAQ riposte en disant qu'en allant à la SAQ Dépôt,M. Dubuc ne s'est pas identifié en tant qu'agent de la SAQ.

«Il s'agit d'un manquement grave, un bris de confiance, explique la porte-parole Linda Bouchard. Si on tolère ça, ça pourrait déraper rapidement.»

Elle ajoute qu'avec une permission spéciale, un agent peut acheter un produit dans une autre succursale que la sienne.


 

9 juin 2007 - Des lois répressives sans s’attaquer au fond du problème n’ont jamais fonctionné et ne fonctionneront jamais.  Elles ne font que déplacer le problème ailleurs et créent des effets pervers pires que le problème lui-même.  Ces jeunes itinérants ont besoin d’écoute et d’aide.  On n’a pas assez d’argent pour cela, nous dira-t-on.  Une société qui met ses priorités ailleurs que sur l’empathie et l’assistance de ceux qui en ont besoin, récolte les résultats dont on témoigne.  ‘’Pas dans ma cour’’ est devenue la devise de tous.  On les pousse d’abord d’un parc à l’autre, ensuite d’un quartier à l’autre, d’une ville l’autre, d’une province à l’autre, d’un pays à l’autre.  Arrêtons d’attaquer les problèmes à l’envers et tentons de les régler à leur source.  Nos plus démunis sont en manque de ressources, en manque de respect, en manque d’écoute.  Ce n’est pas en les poussant ailleurs que nous en ferons des citoyens plus responsables.    

Le samedi 09 juin 2007

Les parcs de la discorde

Louise Leduc

La Presse

Le bannissement des chiens - et, par la bande, de leurs maîtres - au parc Émilie-Gamelin et au square Viger fait croire à ceux qui travaillent auprès des jeunes de la rue que la propreté ne passe peut-être pas que par le ramassage des papiers dans Ville-Marie. En multipliant les règlements visant les jeunes sans-abri, l'arrondissement manque-t-il de sensibilité? Ou a-t-il raison d'écouter les citoyens qui se plaignent de marcher dans les excréments au petit matin?

Et si l'on aménageait un camping, un vrai de vrai camping, à Montréal?

«Montréal n'est pas la seule ville du monde qui, l'été, voit affluer son lot de marginaux, relève Céline Bellot, professeure à l'École de service social à l'Université de Montréal. En France, des villes comme Avignon et Bordeaux ont aussi leurs festivals qui attirent les jeunes marginaux. Chaque année, des campings temporaires sont aménagés aux limites de ces villes. Pourquoi ne pas envisager la chose à Montréal, plutôt que de laisser tout un chacun aller n'importe où?»

Pour que ça marche, pour que ça ne vire pas à la foire d'empoigne, encore faut-il que ces lieux soient encadrés, supervisés par des gens qui travaillent auprès des jeunes de la rue.

Oui, il faut écouter le citoyen qui a peur, au sortir du cinéma ou du resto, rue Saint-Denis. Oui, il faut prendre acte des doléances des résidants qui se plaignent des sans-abri. En même temps, note Mme Bellot, ce n'est pas comme si l'on assistait à une multiplication d'agressions contre les passants. «La Ville me semble très préoccupée par les problèmes de sécurité, pourtant plutôt virtuels, des passants qui ont un toit, alors qu'elle néglige, à l'inverse, les dangers réels de la vie des jeunes qui, chassés de places ouvertes et visibles, sont de plus en plus relégués à de sombres ruelles. C'est comme si la sécurité peu compromise des passants comptait plus que celle des jeunes.»

La sociologue Annick Germain, professeure à l'Institut national de recherche scientifique, fait observer pour sa part qu'un lieu public doit être accueillant pour tout le monde et qu'il est légitime qu'une ville réglemente la présence de chiens. «Ce n'est pas parce que la Ville intervient à un ou deux endroits qu'il faut y voi une volonté d'exclure des gens. Si la Ville les excluait partout, d'accord, mais ce n'est pas le cas. Naïvement, on pense qu'on peut tout faire dans une ville. C'est faux. On ne peut pas consommer de l'alcool dans les parcs. Ça ne date pas d'hier, et ce n'est pas absurde non plus.»

En même temps, poursuit-elle, «en devenant puriste et en ne voulant que des lieux publics bien léchés, on finit par rendre les places publiques complètement inhospitalières pour tout le monde et à négliger, par exemple, d'installer des bancs de parc ! Un centre-ville, ce n'est pas un village, et pour ceux qui ont peur, il y a toujours la banlieue!»

 

Un grand, grand ménage?

Michel Parazelli, professeur à l'École de service social de l'UQAM et spécialiste des questions liées aux jeunes de la rue, est plus critique. Pour lui, Montréal achève un grand nettoyage parce que, bien sûr, «la pauvreté, la déchéance humaine, la décadence sociale, il faut éliminer ça avant que ne soit mis en place le Quartier des spectacles.»

Pour M. Parazelli, la Ville cherche en fait, dans la hâte et la précipitation, à faire disparaître le Red Light, vieux de 100 ans. Les prostituées ont pris le bord ; au tour des jeunes de la rue, maintenant

Pourtant, il y a mieux à faire. Quoi? lui demande-t-on. Poursuivre le dialogue, insiste-t-il. «En 1999, nous avons mis sur pied un dialogue entre les jeunes de la rue, les policiers et les conseillers municipaux. Par écrit, chacun expliquait son point de vue. L'an dernier, la Ville s'est retirée, parce qu'elle disait qu'il n'y avait pas de résultats.»

Y a-t-il eu des résultats? Des compromis ont-ils été trouvés ?

Tout dépend du point de vue. Pour ceux dont l'objectif était le mieux-être des jeunes, oui, mission accomplie. Les jeunes se sont sentis écoutés, valorisés, pris en compte. Ceux qui espéraient la disparition des jeunes sans-abri, eux, n'ont peut-être pas trouvé satisfaction, à entendre M. Parazelli.

La répression de la Ville et de la police qui se traduit par maintes contraventions au jeune d'allure louche assis sur un banc de parc ou à celui, non cravaté, qui traverse la rue au feu rouge ne mène pas non plus vers une meilleure cohabitation, conclut M. Parazelli. «La répression crée plus d'agressivité, et l'agressivité mène à plus de répression. On est en plein cercle vicieux.»


 

9 juin 2007 - La bibliothèque nationale en France a fait disparaître la cigarette de Jean-Paul Sartre de ses images pour éviter des démêlés avec une loi anti-tabac.  La cigarette de Paul McCartney a été effacée des images de l’album Abbey Road.  Doit-on modifier tous les images de René Lévesque afin qu’on n’enfreigne pas la loi anti-tabac au Québec?  Heureusement que le ridicule ne tue pas car il serait plus meurtrier que le tabagisme. 

Grand-Prix du Canada

Le tabac banni, même dans l’art

Gabrielle Duchaine-B.
Le Journal de Montréal
09/06/2007 06h56 


En plein week-end du Grand Prix, des inspecteurs du service de lutte contre le tabagisme ont fait irruption dans une boutique spécialisée en objets de collection liés à la course automobile pour leur interdire de vendre tout produit affichant un logo de fabricant de cigarettes.

Najib Slaoui et Joanne Goudreau, copropriétaires de la boutique Formule 1 Emporium sur la rue Cresent, ont eu toute une surprise jeudi lorsqu’ils ont reçu la visite de deux inspecteurs du service de lutte contre le tabagisme. Ces derniers leur ont interdit de vendre tout produit arborant le logo de cigarettiers. Une situation inacceptable, selon les propriétaires.

Produits de collection

«On vend des produits de collection qui représentent des pilotes ou des voitures à une époque précise», explique Najib Slaoui.

«On ne peut quand même pas modifier le maillot de la figurine de Jacques Villeneuve quand il a gagné le championnat!», clame-t-il.

Parmi les objets bannis, une toile réalisée par un peintre belge qui montre une course de voitures Porches. Sur l’une d’elles, le logo de Rothmans.

Ou encore la photo d’une voiture de formule 1 autographiée par le pilote. Malheureusement, le nom de Marlboro figure sur la carrosserie.

Mais ce qui fâche le plus les copropriétaires, c’est que les inspecteurs du service de lutte contre le tabagisme leur ont rendu visite durant la semaine la plus occupée de l’année, alors que le magasin était bondé.

«On fait 40% de notre chiffre d’affaires pendant le Grand Prix, explique Najib Slaoui. Ils auraient pu venir lundi.» En attendant, ils ont transféré plusieurs objets dans l’arrière-boutique.

«On ne veut pas prendre de risques, explique Joanne Goudreau. On ne veut pas avoir la police sur le dos.»

C’est la loi

Le service de lutte contre le tabagisme assure pour sa part que la visite effectuée dans la boutique Formule 1 Emporium est une opération de routine.

«Nos inspecteurs font beaucoup de visites durant le Grand Prix pour s’assurer que la loi est respectée», explique la porte-parole, Geneviève Villemure-Denis.

Selon la loi, il est illégal de vendre des produits qui font la promotion du tabac.

«Et la loi ne fait pas d’exceptions pour les objets de collection», ajoute Mme Villemure.

 


Sous la houlette de responsables marketing de l’industrie pharmaceutique, des experts médicaux et des gourous comme M. Perry s’assoient autour d’une table pour « trouver de nouvelles idées concernant des maladies et des états de santé ».

25 mai 2007 - L’article qui suit n’est pas très récent mais il exprime très bien le rôle de l’industrie pharmaceutique dans la vie, les mœurs et les habitudes des gens.  Selon cet article et selon ce que nous disions il n’y a pas longtemps, des états d’âme, des faiblesses physiques, des différences dans les comportements, qui faisaient jadis partie des hauts et des bas de la vie, portent de plus en plus l’étiquette d’une nouvelle maladie et comme par hasard, une pilule pour régler ces ‘’maux’’ fait son apparition sur le marché pas longtemps après.  Les critères du diabète, de l’embonpoint, du cholestérol et quoi encore, ont été révisés afin de créer un besoin de redresser notre santé à un état ‘’normal’’ en ayant recours aux médicaments, bien entendu.  Cet article va encore plus loin et suggère que le milieu médical entretient des liens trop étroits avec l’industrie pharmaceutique. 

 Les nouvelles techniques publicitaires de l’industrie pharmaceutique

Pour vendre des médicaments, inventons des maladies

La méthode avait déjà fait la fortune du docteur Knock de Jules Romains : chaque bien-portant entrant dans son cabinet en ressortait malade, et prêt à débourser sans compter pour être guéri. A son image, ayant atteint les limites du marché des malades, certaines firmes pharmaceutiques se tournent désormais vers les bien-portants pour continuer à croître. Et emploient pour cela les techniques de publicité les plus avancées.

Par Alan Cassels et Ray Moynihan

Il y a une trentaine d’années, le dirigeant d’une des plus grosses firmes pharmaceutiques au monde tint des propos fort éclairants. Alors proche de la retraite, le très dynamique directeur de Merck, Henry Gadsden, confia au magazine Fortune son désespoir de voir le marché potentiel de sa société confiné aux seuls malades. Expliquant qu’il aurait préféré que Merck devînt une sorte de Wrigley – fabricant et distributeur de chewing-gums –, Gadsden déclara qu’il rêvait depuis longtemps de produire des médicaments destinés aux... bien-portants. Parce qu’alors Merck aurait la possibilité de « vendre à tout le monde ». Trois décennies plus tard, le rêve de feu Henri Gadsden est devenu réalité.

Les stratégies marketing des plus grosses firmes pharmaceutiques ciblent dorénavant les bien-portants de manière agressive. Les hauts et les bas de la vie de tous les jours sont devenus des troubles mentaux, des plaintes somme toute communes sont transformées en affections effrayantes, et de plus en plus de gens ordinaires sont métamorphosés en malades. Au moyen de campagnes de promotion, l’industrie pharmaceutique, qui pèse quelque 500 milliards de dollars, exploite nos peurs les plus profondes : de la mort, du délabrement physique et de la maladie – changeant ainsi littéralement ce qu’être humain signifie. Récompensés à juste titre quand ils sauvent des vies humaines et réduisent les souffrances, les géants pharmaceutiques ne se contentent plus de vendre à ceux qui en ont besoin. Pour la bonne et simple raison, bien connue de Wall Street, que dire aux bien-portants qu’ils sont malades rapporte gros.

Au moment où la majorité des habitants des pays développés jouissent de vies plus longues, plus saines et plus dynamiques que celles de leurs ancêtres, le rouleau compresseur des campagnes publicitaires ou de sensibilisation, rondement menées, transforment les bien-portants soucieux de leur santé en souffreteux soucieux tout court. Des problèmes mineurs sont dépeints comme autant d’affections graves, de telle sorte que la timidité devient un « trouble d’anxiété sociale », et la tension prémenstruelle, une maladie mentale appelée « trouble dysphorique prémenstruel ». Le simple fait d’être un sujet « à risque » susceptible de développer une pathologie devient une pathologie en soi.

L’épicentre de ce type de vente se situe aux Etats-Unis, terre d’accueil de nombreuses multinationales pharmaceutiques. Comptant moins de 5 % de la population mondiale, ce pays représente déjà près de 50 % du marché de la prescription de médicaments. Les dépenses de santé continuent à y grimper plus que n’importe où dans le monde, affichant une progression de presque 100 % en six ans – et ce, pas seulement parce que les prix des médicaments enregistrent des hausses drastiques, mais aussi parce que les médecins se sont mis à en prescrire de plus en plus.

Depuis son bureau situé au cœur de Manhattan, M. Vince Parry représente le nec plus ultra du marketing mondial. Expert en publicité, il se spécialise dorénavant dans la forme la plus sophistiquée de la vente de médicaments : il s’emploie, de concert avec les entreprises pharmaceutiques, à créer de nouvelles maladies. Dans un article étonnant intitulé « L’art de cataloguer un état de santé », M. Parry a récemment révélé les ficelles utilisées par ces firmes pour « favoriser la création » de troubles médicaux (1). Parfois, il s’agit d’un état de santé peu connu qui jouit d’un regain d’attention ; parfois, on redéfinit une maladie connue depuis longtemps en lui donnant un autre nom ; parfois, c’est un nouveau dysfonctionnement qui est créé ex nihilo. Parmi les préférés de M. Parry se trouvent la dysfonction érectile, le trouble du déficit de l’attention chez les adultes et le syndrome dysphorique prémenstruel déjà évoqué – tellement controversé que les chercheurs estiment qu’il n’existe pas.

Avec une rare franchise, M. Perry explique la manière dont les compagnies pharmaceutiques non seulement cataloguent et définissent leurs produits à succès tels que le Prozac ou le Viagra, mais cataloguent et définissent aussi les conditions créant le marché pour de tels médicaments.

Sous la houlette de responsables marketing de l’industrie pharmaceutique, des experts médicaux et des gourous comme M. Perry s’assoient autour d’une table pour « trouver de nouvelles idées concernant des maladies et des états de santé ». Le but, dit-il, est de faire en sorte que les clients des firmes dans le monde entier appréhendent ces choses d’une manière nouvelle. L’objectif restant, toujours, d’établir une liaison entre l’état de santé et le médicament, de manière à optimiser les ventes.

L’idée selon laquelle les multinationales du secteur aident à créer de nouvelles maladies semblera étrange à beaucoup ; elle est monnaie courante dans le milieu de l’industrie. Destiné à leurs dirigeants, un rapport récent de Business Insights témoigne ainsi que la capacité à « créer des marchés de nouvelles maladies » se traduit par des ventes se chiffrant en milliards de dollars. L’une des stratégies les plus performantes, d’après ce rapport, consiste à changer la façon dont les gens considèrent leurs affections sans gravité. Ils doivent être « convaincus » que « des problèmes acceptés tout au plus comme une gêne jusqu’à présent » sont, désormais, « dignes d’une intervention médicale ». Saluant le succès du développement de marchés profitables liés à de nouveaux troubles de la santé, le rapport affichait un bel optimisme quant à l’avenir financier de l’industrie pharmaceutique : « Les années à venir seront les témoins privilégiés de la création de maladies parrainée par l’entreprise. »

Il est certes difficile, étant donné le large éventail d’affections possibles, de tracer une ligne clairement définie entre les bien-portants et les malades. Les frontières qui séparent le « normal » de l’« anormal » sont souvent fort élastiques ; elles peuvent varier drastiquement d’un pays à un autre et évoluer au cours du temps. Mais ce qui ressort clairement, c’est que, plus on élargit la définition d’une pathologie, plus cette dernière touchera de malades potentiels, et plus vaste sera le marché pour les fabricants de pilules et de gélules.

Dans certaines circonstances, les experts médicaux qui rédigent les protocoles sont en même temps rétribués par l’industrie pharmaceutique, industrie qui s’enrichira selon que les protocoles de soins auront été écrits de telle ou telle façon. Selon ces experts, 90 % des Américains âgés souffriront d’un trouble appelé « hypertension artérielle » ; près de la moitié des Américaines sont affectées par un dysfonctionnement baptisé FSD (dysfonction sexuelle féminine) ; et plus de 40 millions d’Américains devraient être suivis du fait de leur important taux de cholestérol. Avec l’aide de médias à la recherche de gros titres, la toute dernière affection est régulièrement annoncée comme étant très largement présente dans la population, grave, mais surtout curable grâce aux médicaments. Les voies alternatives pour comprendre et soigner les problèmes de santé, de même que la réduction du nombre estimé de malades, sont souvent reléguées à l’arrière-plan, pour satisfaire une promotion frénétique des médicaments.

La rémunération des experts en espèces sonnantes et trébuchantes ne signifie pas forcément l’achat d’une influence ; mais, aux yeux de nombreux observateurs, médecins et industrie pharmaceutique entretiennent des liens trop étroits.

Si les définitions des maladies sont élargies, les causes de ces prétendues épidémies sont, en revanche, décrites aussi peu que possible. Dans l’univers de ce type de marketing, un problème de santé majeur, tel que les maladies cardio-vasculaires, peut être abordé par l’étroite lorgnette du taux de cholestérol ou de la tension artérielle d’une personne. La prévention des fractures de la hanche parmi les personnes âgées se confond avec l’obsession de la densité osseuse des femmes d’âge mûr en bonne santé. La détresse personnelle résulte largement d’un déséquilibre chimique de la sérotonine dans le cerveau.

Le fait de se concentrer sur une partie fait perdre de vue les enjeux plus importants, parfois au détriment des individus et de la communauté. Par exemple : si le but premier était l’amélioration de la santé, on pourrait utiliser de façon plus efficace quelques-uns des millions investis dans les coûteux anticholestérol destinés à des bien-portants, dans des campagnes de lutte contre le tabagisme, pour promouvoir l’activité physique et améliorer l’équilibre alimentaire.

La « vente » des maladies se fait selon plusieurs techniques de marketing, mais la plus répandue reste celle de la peur. Pour vendre aux femmes l’hormone de substitution au moment de la ménopause, on a joué sur la peur de la crise cardiaque. Pour vendre aux parents l’idée selon laquelle la plus petite dépression requiert un traitement lourd, on a joué sur la peur du suicide des jeunes. Pour vendre les anticholestérol sur prescription automatique, on a joué sur la peur d’une mort prématurée. Et pourtant, ironiquement, les médicaments qui font l’objet de battage causent parfois eux-mêmes les dommages qu’ils sont censés prévenir.

Le traitement hormonal de substitution (THS) accroît le risque de crise cardiaque chez les femmes, tandis que, semblerait-il, les antidépresseurs augmentent le risque de pensée suicidaire chez les jeunes. Au moins un des anticholestérol à succès a été retiré du marché parce qu’il avait entraîné le décès de « patients ». Dans l’un des cas les plus graves, le médicament pris pour soigner de banals problèmes intestinaux a occasionné une constipation telle que les malades en sont morts. Pourtant, dans ce cas comme dans bien d’autres, les autorités de régulation nationales semblent plus attachées à protéger les profits des compagnies pharmaceutiques que la santé publique.

L’assouplissement aux Etats-Unis de la régulation de la publicité à la fin des années 1990 s’est traduit par une attaque sans précédent du marketing pharmaceutique en direction de M. Tout-le-Monde, soumis dorénavant à une bonne dizaine ou plus de spots publicitaires par jour. Les téléspectateurs de Nouvelle-Zélande connaissent le même sort. Ailleurs, le lobby pharmaceutique voudrait imposer le même genre de dérégulation.

Il y a plus de trente ans, un franc-tireur du nom d’Ivan Illich tirait la sonnette d’alarme, affirmant que l’expansion de l’establishment médical était en train de « médicaliser » la vie elle-même, sapant la capacité des gens à affronter la réalité de la souffrance et de la mort, et transformant un nombre bien trop important de citoyens lambda en malades. Il critiquait le système médical « qui prétend avoir autorité sur les gens qui ne sont pas encore malades, sur les gens dont on ne peut raisonnablement pas s’attendre à ce qu’ils aillent mieux, sur les gens pour qui les remèdes des médecins se révèlent au moins aussi efficaces que ceux offerts par les oncles et tantes (2) ».

Plus récemment, une rédactrice médicale, Mme Lynn Payer, décrivait à son tour un processus qu’elle appelait la « vente des maladies » : c’est-à-dire la façon dont les médecins et les firmes pharmaceutiques élargissaient sans nécessité les définitions des affections de façon à recevoir plus de patients et à commercialiser plus de médicaments (3). Ces écrits sont devenus de plus en plus pertinents à mesure que s’amplifiait le rugissement du marketing et que se consolidait l’emprise des multinationales sur le système de santé.

Cet article est extrait de Selling Sickness. How Drug Companies Are Turning Us All Into Patients, Allen & Unwin, Crows Nest (Australie), 2005.

Alan Cassels et Ray Moynihan


 

 «Ce sera fait dans le respect de l'intelligence des femmes. Ce ne sera pas des menaces inscrites sur les bouteilles comme les campagnes antitabac», a annoncé M. Sacy, hier.

 

Voici un discours plein de bon sens qui mise sur l’éducation honnête au lieu de la peur et la coercition.  Nous avons pris la peine de féliciter Educ’Alcool pour leur bonne mesure qui risque d’obtenir des résultats beaucoup plus positifs que n’importe quelle campagne extrémiste qui sous-estime l’intelligence des citoyens ! 

 

 

Le vendredi 18 mai 2007

 

Alcool et grossesse: pas de problème, croit la majorité

 

Archives La Presse

 

Caroline Touzin

 

La Presse

 

La majorité des Québécois croient que la consommation occasionnelle d'alcool par une femme enceinte comporte peu ou pas de risques pour la santé du foetus, révèle une étude d'Éduc'Alcool publiée, hier.

 

Cette statistique fait bondir les spécialistes de la question. «C'est une très mauvaise perception. On a un gros problème ici», lâche le directeur général du Centre québécois de lutte aux dépendances, Michel Germain.

 

Les futures mères devraient cesser de boire de l'alcool dès qu'elles essaient de concevoir un enfant, conclut une récente étude de l'Institut national de santé publique du Québec. Les Québécoises ignorent quelle quantité d'alcool peut causer des dommages au foetus puisqu'elles reçoivent des informations divergentes, révèle l'auteur du rapport, le Dr Nicole April.

 

Et moins le message d'abstinence est clair, plus le risque est élevé, note le médecin. Pour l'instant, le syndrome d'alcoolisme foetal a uniquement été lié à des épisodes de consommation excessive. Sauf que quelques études plus controversées ont montré que des effets néfastes pour le foetus peuvent apparaître dès le premier verre.

 

Le message d'Éduc'Alcool va dans le même sens que celui de l'Institut. «Scientifiquement parlant, il n'y a pas de preuves définitives que la consommation occasionnelle d'alcool lors de la grossesse comporte un danger, mais vaut mieux ne pas prendre de risques», dit le directeur général de l'organisme, Hubert Sacy.

 

Selon l'étude d'Éduc'Alcool, 40% des Québécois croient que la consommation occasionnelle d'alcool par une femme enceinte comporte peu de risques pour la santé du foetus. Et 12% pensent qu'il n'y en a pas du tout.

 

Ce sont les hommes (56%) et les consommateurs d'alcool en général (54%) qui pensent davantage que la consommation occasionnelle ne comporte pratiquement aucun risque. Près de la moitié des femmes (47%) partagent cette vision ainsi que 40% de ceux qui ne boivent jamais.

 

Cette perception peut changer, du moins chez les femmes, selon le rapport dévoilé hier. Si elles avaient «de l'information complète et objective sur la question», la moitié des femmes (50%) disent qu'elles pourraient se laisser convaincre de ne pas consommer d'alcool pendant la grossesse.

 

La nouvelle campagne d'Éduc'Alcool portera là-dessus. «Ce sera fait dans le respect de l'intelligence des femmes. Ce ne sera pas des menaces inscrites sur les bouteilles comme les campagnes antitabac», a annoncé M. Sacy, hier.

 

Ironiquement, même si la moitié des Québécois n'y voient pas ou peu de risque, sept personnes sur 10 trouvent «inacceptable» qu'une femme enceinte consomme de l'alcool. Et ce, même si la consommation est modérée. La proportion passe à 82% chez les non-francophones, à 81% chez ceux qui ne consomment pas d'alcool et à 77% chez les retraités.

 


 

16 mai 2007 - Sous la guise de la prévention pour le bien-être de l’enfant, des parents et de la société, voici qu’on tente de corriger, ou tout au moins de contrôler le comportement de l’individu dès sa gestation.   Même pas au monde, cet être humain à naître, peut déjà être étiqueté comme un  délinquant en puissance qui finira par coûter cher à la société et dont on doit minimiser les dégâts qu’il peut causer plus tard.  L’enfant ainsi stigmatisé avant même qu’il vienne au monde, sera suivi par une équipe de professionnels de tout acabit, neurologues, pédopsychiatres, psychologues etc. au même titre qu’un rat de laboratoire puisque ce procédé est encore au niveau expérimental.  Qui d’ailleurs décide de la définition du trouble de comportement?  Certaines personnalités qui ont marqué l’histoire de l’humanité portaient l’étiquette d’anarchiste et de mal adapté.  Que fait-on des esprits libres qui sont la source de toute créativité, on les étouffe dans l’œuf?   Cette quête vers l’être humain parfait ressemble drôlement à un eugénisme des temps modernes et doit être freiné à tout prix.  L’être humain n’apprendra donc jamais rien de ses erreurs passées?

Un programme britannique veut éviter aux bébés de devenir délinquant

LEMONDE.FR | 16.05.07 | 15h52  •  Mis à jour le 16.05.07 | 16h06

L'information fait la "une" du Guardian : Tony Blair va annoncer, ce mercredi, le lancement d'un programme visant à identifier, seize semaines après leur conception, les bébés les plus à risque en termes d'exclusion sociale et de potentiel criminel. L'objectif de cette "stratégie de parentalité gouvernementale" est de "redonner le contrôle aux parents", d'améliorer les conditions de vie de leurs enfants, et d'essayer de leur éviter de finir délinquants.

Le programme ne concernera que les mères en difficulté financière dont c'est le premier enfant, et se fera sur la base du volontariat. Elles feront l'objet de visites hebdomadaires pendant toutes leurs grossesses, puis tous les quinze jours jusqu'à ce que leurs enfants atteignent l'âge de 2 ans.

Leurs interlocuteurs, des sage-femmes et visiteurs médicaux, les aideront aussi à trouver du travail, à arrêter de fumer ou de se droguer, à renforcer les liens affectifs avec leurs bébés et à devenir de "bons parents". Les autorités britanniques, qui prévoient d'investir 7,5 millions de livres (près de 11 millions d'euros) dans le projet, ont d'ores et déjà commencé à recruter les 1 000 premières familles dans dix régions pilotes.

CONTRIBUER AU DÉVELOPPEMENT AFFECTIF, NEUROLOGIQUE ET SOCIAL DES BÉBÉS

Lors d'une conférence tenue en mars dernier, Kate Billingham, responsable du programme au ministère de la santé britannique, a évoqué, radiographies de cerveaux d'enfants à l'appui, les différences neurologiques existant entre enfants bénéficiant de toute l'attention de leurs parents, et ceux qui étaient négligés. Interrogée par le Guardian, Kate Billingham estime que les risques de voir ces nouveaux-nés stigmatisés en tant que futurs délinquants ou exclus sociaux sont largement compensés par l'aide qui sera apportée aux familles pauvres et à leurs enfants.

Trois expériences pilotes, menées aux Etats-Unis, auraient démontré que les enfants suivis avaient un QI plus élevé, un langage plus élaboré et de meilleurs résultats à l'école, qu'ils faisaient moins l'objet d'abus et négligences (- 48 %), d'arrestations (- 59 %) et de placements sous surveillance (- 90 %), que leurs pères étaient plus impliqués et leurs mères moins sujettes aux grossesses répétées. De plus, il s'agirait d'un "investissement" à long terme car un tel programme permettrait d'économiser 12 500 £ (18 000 €) d'argent public par enfant ayant atteint l'âge de 30 ans.


15 mai 2007 - Avec le dépôt du projet de loi sur les saines habitudes de vie à l’assemblée nationale aujourd’hui, nous devons demeurer très vigilants sur les développements de cette campagne financée à coups de 400 millions de dollars conjointement avec les taxes du tabac et la Fondation Lucie et André Chagnon.  Si le passé est garant de l’avenir, avec tout-ce qu’on a témoigné jusqu’à date sur la tendance des telles campagnes contre l’obésité et avec les intentions avouées des anti-malbouffes de copier la stratégie anti-tabac, nous craignons que cette campagne prenne des proportions qui auront des effets pervers encore pires que la campagne anti-tabac.  Nous invitons tous les citoyens de se plaindre aux autorités si des tactiques immorales et coercitives se pointent à l’horizon. 

Le projet de loi sur les saines habitudes de vie est déposé

Presse Canadienne (PC)  Norman Delisle
15/05/2007 18h06 

Comme il s'y était engagé, le gouvernement crée un fonds sur les saines habitudes de vie.

Ce fonds aura le mandat de favoriser la saine alimentation des Québécois et de promouvoir un mode de vie actif, indique le projet de loi déposé mardi à l'Assemblée nationale par le ministre de la Santé, Philippe Couillard.

Il vise notamment à réduire le nombre de Québécois aux prises avec un problème de poids.

Un projet de loi semblable avait été soumis dans le précédent Parlement mais était mort au feuilleton de la Chambre lors du déclenchement des élections.

Le fonds devrait atteindre 400 millions $ en 10 ans. Il sera financé à 50 pour cent par une tranche annuelle de 20 millions $ pendant 10 ans, prise à même les taxes collectées sur le tabac. Par ailleurs, la Fondation André et Lucie Chagnon s'est engagée à verser 200 millions $ en 10 ans pour les mêmes fins.

Le projet de loi est soumis à l'Assemblée nationale et pourrait être adopté d'ici l'ajournement parlementaire pour les vacances d'été.

Toutefois, les écoles, les établissements et les groupes qui veulent soumettre des projets dès 2007 peuvent les voir adoptés par des arrangements administratifs. Les projets sont choisis par un comité composé de fonctionnaires du ministère de la Santé et de membres de la Fondation Chagnon.

Par ailleurs, dans son programme électoral de mars dernier, le gouvernement Charest promettait d'autres gestes vigoureux pour miser sur la prévention en matière de santé.

On s'engageait notamment à éliminer la malbouffe dans les écoles et à augmenter la pratique du sport chez les jeunes, notamment par un crédit d'impôt pour les frais payés lors des inscriptions à des activités sportives des jeunes de moins de 16 ans, jusqu'à concurrence de 500 $ par année.

On verra si ce crédit sera mis de l'avant dans le prochain budget du gouvernement qui sera soumis à l'Assemblée nationale le 24 mai prochain.


15 mai 2007 - Est-ce que cette décision du gouvernement fédéral, de se référer aux médecins pour conseiller leurs clientes enceinte, signe qu’on commence à voir l’importance de la responsabilité personnelle, ou est-ce qu’il y a un autre motif derrière cette décision?  Quoi qu’en principe nous n’ayons rien contre les avertissements écrits et l’éducation honnête de la part de la santé publique et nous sommes d’avis que cette mesure n’aurait pas été envahissante, nous sommes néanmoins heureux de constater que le gouvernement est en train de prendre des mesures pour limiter quelque peu son rôle dans la vie privée des citoyens.  Nous espérons que ce n’est qu’un début vers le retour de la responsabilisation personnelle. 

En bref - Alcoolisme foetal: non aux étiquettes

Le Devoir

Édition du mardi 15 mai 2007

Ottawa -- Le gouvernement conservateur n'obligera pas l'industrie des boissons alcoolisées à imprimer sur les étiquettes de bouteilles des avertissements contre la consommation d'alcool pendant la grossesse.

Lors d'un débat à la Chambre des communes hier, les troupes de Stephen Harper ont fait valoir que cette mesure n'était pas efficace pour combattre le syndrome de l'alcoolisme foetal. «La preuve est sans équivoque: les avertissements sur les bouteilles d'alcool n'ont pas d'impact significatif auprès des personnes les plus à risque», a déclaré hier Steven Fletcher, le secrétaire parlementaire du ministre de la Santé, Tony Clement. Le député libéral pro-vie Paul Szabo tente une fois de plus de rendre obligatoires ces avertissements. Le gouvernement préfère agir auprès des médecins. «Les recherches montrent que les femmes sont très susceptibles de s'informer auprès de leurs professionnels de la santé à propos de la consommation d'alcool pendant la grossesse», a expliqué M. Fletcher.


 

13 mai 2007 -  Un article qui dénonce le trop grand pouvoir que la santé publique se donne et qui selon cet auteur, elle devient plutôt un danger publique. 

 

Les fous de la santé

 

Alain Dubuc

 

La Presse

 

Collaboration spéciale

 

Les progrès de la santé dans une société comme la nôtre ne sont pas seulement dus aux médecins que l'on consulte, aux médicaments ou aux hôpitaux.

 

La santé publique joue un rôle majeur, par ses interventions classiques, les mesures sanitaires, la prévention et la promotion de la santé, la lutte au tabagisme, mais aussi grâce à l'intégration aux politiques de santé de problématiques non médicales, comme la pauvreté ou l'environnement.

 

Cet élargissement du champ d'action de la santé publique a cependant eu des effets pervers. Il a amené des spécialistes à intervenir dans des domaines où ils n'avaient pas nécessairement de compétences. Pourtant, la nouveauté de ces missions aurait dû imposer au monde de la santé publique une certaine prudence et une certaine retenue.

 

Mais c'est le contraire qui se produit. Avec l'arrogance de ceux qui sont convaincus de faire le bien, la santé publique est en passe de devenir un danger public, qui va dans toutes les directions, en abusant de l'autorité morale et scientifique dont jouit le monde médical.

 

On a eu plusieurs signaux de cette dérive. Quand la Direction de santé publique de l'île de Montréal, dans un rapport sur les effets négatifs de l'automobile sur la santé, ce qui est de son ressort, a dénoncé l'incohérence du gouvernement Charest dans le dossier du pont de l'autoroute 25, ce n'était pas dans le champ de compétence d'un docteur sans expérience du transport. Même chose dans le dossier du casino, où l'organisme a grandement joué dans la mise à mort du projet, avec un avis défavorable qui péchait par son manque d'équilibre.

 

Mais la cerise sur le sundae, c'est l'avis que deux directeurs de santé publique, ceux de Québec et de Chaudière-Appalaches, ont déposé aux audiences du Bureau des audiences publiques sur le projet Rabaska, un terminal méthanier à Lévis. En refusant d'émettre un avis favorable, les nouveaux croisés du bien ont alors étalé toutes les dérives qui menacent sous prétexte de santé publique.

 

Entendons-nous. Ces professionnels ont leur place dans un débat sur un projet gazier majeur. Le BAPE, dans ses travaux, doit tenir compte des considérations économiques et énergétiques, mais aussi évaluer l'impact environnemental, les effets sur le milieu, notamment sur la santé. Les intervenants en santé publique ont des choses à dire sur le risque, les bruits, les émanations, les effets sur le mode de vie.

 

Mais le premier glissement, c'est que les directeurs de santé publique ont décidé de prendre la place du BAPE et de faire eux-même l'arbitrage entre toutes ces variables, de se prononcer sur la pertinence économique du projet, sur la place du gaz dans le bilan énergétique. Des domaines où les médecins ne savent pas de quoi ils parlent. Les docteurs se demandent si l'évolution du prix du gaz affectera la rentabilité du projet. Ils s'opposent au gaz, un combustible fossile, même si bien des environnementalistes acceptent que celui-ci prenne plus de place. Ils s'inquiètent même du risque d'un bris des lignes de transport d'électricité en cas d'accident et d'une autre crise du verglas, même si cela n'inquiète pas Hydro-Québec. De quoi se mêlent-ils?

 

Le second glissement, c'est la préoccupation des médecins pour les effets psycho-sociaux, qui les amène à se pencher sur l'acceptabilité sociale du projet, un concept fourre-tout qui tend à dire que si un projet suscite des débats et des divisions, cela créera des tensions dans le milieu et que ce peut être mauvais pour la santé de la population. Une approche qui amène les spécialistes en santé publique à devenir un porte-voix aux groupes de pression censés représenter le milieu.

 

Et surtout, c'est une approche qui mène à une logique circulaire. Si un projet est mauvais quand il suscite de l'opposition, comme on sait que les gens ont tendance à résister aux changements, cela signifie qu'au nom de la santé publique, on s'opposera à tout projet qui fait des vagues et devient une caution morale de l'immobilisme.

 

Le troisième glissement, c'est le ton du document. Son acharnement à trouver des poux (par exemple, le risque d'une crise du verglas) et la dramatisation des enjeux (dans un sondage, on a même demandé aux gens si le projet Rabaska avait affecté leur vie familiale), montrent que cet avis ressemble surtout à un exercice militant aux frais des contribuables. La santé publique a quitté le terrain de la rigueur scientifique pour choisir l'action sur le terrain, pour parler au nom du «peuple».

 

C'est très dangereux. Parce que la santé publique contribue à de mauvais choix. Mais aussi, parce qu'à force de jouer au loose cannon, à force d'abuser de son autorité, elle finira par perdre la crédibilité dont elle a besoin pour s'acquitter de sa mission.

 


 

12 mai 2007 - Dans le même ordre d’idée que notre commentaire du 7 mai par rapport à l’article ‘’Des fast-foods partout’’, voici l’éditorial de la très talentueuse plume de Nathalie Elgrably de l’Institut Économique de Montréal sur le même sujet. 

 

Un chausson avec ça?

Nathalie Elgrably

 

Le Journal de Montréal, 10 mai, 2007

 

Les chaînes de restauration rapide sont décidément parmi les mal-aimées de notre société. Elles faisaient encore la manchette cette semaine parce qu'elles s'installent souvent à proximité des écoles.

 

Il n'en a pas fallu davantage pour que des diététistes et des représentants de divers organismes, telle la Coalition québécoise sur la problématique du poids, déclarent qu'il faut contrôler l'environnement des écoles en révisant les règlements de zonage pour interdire aux fast-foods de côtoyer les établissements scolaires. Quelle idée géniale!

 

Mais pourquoi se limiter à contrôler la présence de restaurants? Ne faudrait-il pas également interdire les pâtisseries? Après tout, un morceau de gâteau au fromage contient autant de calories qu'un Big Mac. On pourrait également interdire aux dépanneurs de vendre des barres de chocolat et des chips aux mineurs. Idéalement, on construirait les écoles au sommet des montagnes afin d'éviter aux étudiants de succomber aux tentations. Et pour vraiment gagner la guerre contre l'obésité, nous pourrions interdire aux familles avec enfants de posséder téléviseurs, Playstations,... Et pourquoi ne pas également forcer les enfants à marcher en leur interdisant l'accès aux autobus s'ils résident à moins de 3 km de leur école?

 

Et la responsabilité individuelle?

 

Ces propositions vous semblent ridicules? Vous avez raison! Ce ne sont pas les aliments qui posent problème, ce sont les habitudes alimentaires! Tous les aliments, même l'eau, peuvent devenir toxiques s'ils sont consommés en grande quantité. Va-t-on se mettre à tout contrôler? Souhaitons-nous vraiment qu'un petit groupe de bien-pensants nous impose ses choix alimentaires et que l'État se mêle du contenu de notre assiette?

 

Ce qui est totalement évacué du débat actuel est la notion de responsabilité individuelle et parentale. On crée un monde de victimes, on déresponsabilise l'individu et on l'infantilise. À écouter la milice anti-malbouffe, on pourrait croire que les fast-foods nous gavent contre notre volonté. Or, nul n'est obligé d'entrer dans une chaîne de restauration rapide, de commander et de manger. Et puis, n'y a t-il pas également des salades au menu de McDonald's?

 

Nous avons le contrôle sur ce que nous ingérons et nous disposons de tant d'information qu'il faudrait habiter dans une grotte pour ignorer les choix santé. Quant aux parents, ils sont également responsables du tour de taille de leur progéniture. Après tout, qui donne aux ados l'argent nécessaire pour qu'ils achètent leurs frites?

 

S'il y a des jeunes qui fréquentent quotidiennement les fast-foods, c'est que leurs parents approuvent leurs choix. Cessons donc de diaboliser les commerces, car aucun restaurateur sensé n'irait s'installer à côté d'une école si les jeunes apportaient leurs lunchs ou si leurs parents ne leur laissaient d'autre choix que d'opter pour le plat santé offert à la cafétéria.

 

Pas un problème de société

 

La surcharge pondérale n'est pas un problème de société, c'est un problème individuel et il faut le traiter comme tel. Si nous admettons que nous pouvons choisir de changer nos habitudes alimentaires et de faire de l'exercice, il faut également accepter que certains puissent choisir délibérément de manger une grande portion de frites.

 

Il faut aussi accepter que la vaste majorité des gens consomment de la malbouffe avec modération. Or, si on modifie le zonage, c'est toute la population d'une région qui est touchée. Est-il donc raisonnable de restreindre les choix alimentaires d'individus responsables sous prétexte que certains se livrent à des abus? Finalement, enseigner aux jeunes à être responsables de ce qu'ils mangent, cela fait aussi partie de l'éducation!

 

* Cette chronique a aussi été publiée dans Le Journal de Québec.

 

Nathalie Elgrably est économiste à l'Institut économique de Montréal et auteure du livre La face cachée des politiques publiques.

 


 

 8 mai 2007 – À quel point devrait-on faire confiance à l’agence de santé directrice du monde entier l’Organisation Mondiale de la Santé?  Cet article a été publié dans beaucoup de quotidiens.  C’est un sujet à suivre de très près car de leurs propres dires, leur crédibilité est en jeu et son existence même peut être mise en question.  Suite à l’article, vous trouverez un lien qui vous amène au rapport en question (en anglais). 

 

L’OMS accusé de négligence

 

Associated Press (AP)  Maria Cheng

08/05/2007 12h07  

 

 

L'accusation est d'autant plus grave qu'elle émane de la très sérieuse revue The Lancet: l'Organisation mondiale de la santé (OMS) oublierait régulièrement de préciser sur quels éléments de preuve elle s'appuie pour lancer ses recommandations, au nombre d'environ 200 par an.

Cette critique, qualifiée de «séisme» par le Dr Richard Horton, rédacteur en chef du Lancet, risque de choquer plus d'un des membres de la communauté scientifique internationale, l'une des principales missions de l'OMS étant de publier des recommandations dans des domaines aussi différents que la lutte contre la grippe aviaire, le contrôle du paludisme ou encore la promulgation de la législation antitabac.

 

L'étude publiée par le Lancet a été conduite par les Drs Andrew Oxman et Atle Fretheim, membres du Centre norvégien de la connaissance des services de santé, et le Dr John Lavis, de l'Université McMaster (Canada). Les chercheurs ont interviewé des responsables de l'organisation et analysé les différentes recommandations. Ce qu'ils ont découvert est loin d'être transparent.

 

«Il est difficile de juger de la confiance qu'on peut avoir dans les recommandations de l'OMS dès lors qu'on ne sait pas comment elles ont été élaborées», fait valoir Andrew Oxman.

 

Selon le Dr Tikki Pang, directeur de la recherche de l'OMS, certains membres de l'organisation ont bien été choqués par l'étude du Lancet, tout en reconnaissant le mérite de cette critique. Le temps qui presse et le manque d'information et d'argent peuvent parfois compromettre le travail de l'OMS, a-t-il admis. «Nous savons que notre crédibilité est en jeu.»

 

Des responsables de l'OMS ont aussi reconnu que, dans bien des cas, la preuve censée être à l'origine d'une recommandation n'existait pas. Autre constat: les résultats provenant des pays en développement sont souvent irréguliers et, lors d'une épidémie, les informations varient en fonction de l'évolution de la crise.

 

C'est pourquoi l'OMS tente de mettre au point de nouveaux moyens de collecte de l'information dans les régions pauvres. Elle a en outre proposé de mettre en place un comité de surveillance de toutes les recommandations sanitaires.

 

«J'aurais voulu avoir plus de preuves pour établir mes recommandations», s'est plaint un directeur de l'OMS resté anonyme, cité dans l'étude.

 

Une observation que confirme le Dr Pang. Selon lui, les récentes recommandations de l'OMS concernant les patients atteints de grippe aviaire ont, par exemple, été mises au point après un examen insuffisant.

 

Le Dr Oxman relève pour sa part que l'OMS possède son propre contrôle de qualité. Quand ses avis de 1999 sur le traitement de l'hypertension artérielle ont été critiqués, notamment pour le prix élevé des médicaments recommandés sans preuve d'un bénéfice supérieur à celui de produits moins chers, l'organisation a publié des «recommandations pour la rédaction des recommandations», qui ont conduit à revoir les conseils concernant l'hypertension.

 

«Les personnels de l'OMS sont plein de bonnes intentions», ajoute le chercheur. «Le problème, c'est que les bonnes intentions et les théories crédibles ne suffisent pas.»

 

Reste à savoir comment les 193 membres de l'OMS des différents pays vont réagir cette étude, publiée juste avant la réunion du comité exécutif qui se tiendra la semaine prochaine au siège de l'organisation à Genève.

 

«Si les pays n'ont pas confiance dans la compétence technique de l'OMS, alors son existence même doit être remise en question», souligne le Dr Horton.

 

La directrice générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan, qui a pris ses fonctions cette année, va devoir répondre à cette critique. «C'est une opportunité formidable pour l'OMS de se refaire une image d'agence technique, ce qu'elle aurait toujours dû être», estime Horton.

 

Rapport (en anglais)

http://www.kunnskapssenteret.no/filer/WHOGuidelinesReportFinal.pdf

 


 

7 mai 2007 - Au nom de notre progéniture, nous voici bien engagés dans la pente glissante des interdictions à perpétuité.  Quand est-ce que les intervenants de la santé finiront par comprendre certains principes autant de l’enfance que de l’humain en général?  Plus on rend quelque chose interdit, plus on le rend attrayant.  Nous ne répéterons jamais assez que l’éducation est la seule solution aux bonnes habitudes de vie.  Il est absolument impossible d’éliminer tous les maux de cette terre et tout à fait utopique d’espérer que tout le monde adhère aux principes de bonnes habitudes alimentaires ou autres.  Une interdiction amène à une autre et une autre et une autre jusqu’à épuisement total de nos libertés sans pour autant accomplir quoi que ce soit.

Non contents d’interdire la malbouffe dans les écoles, que malgré l’interdiction c’est une bonne initiative car elle va en ligne avec le principe du message éducatif qu’on veut véhiculer, on songe maintenant à interdire la malbouffe dans un périmètre des écoles!  Ça serait quoi après?  Un travailleur social viendra chez nous inspecter le réfrigérateur et saisir tout-ce qu’il peut contenir de néfaste pour nos enfants? 

Santé

Des fast-foods partout

Alors que les écoles font des pieds et des mains pour rendre plus santé le menu de leur cafétéria, les fast-foods qui vendent poutine, hot-dog et hamburger poussent à côté des établissements scolaires de la région de Montréal comme des champignons, révèle une étude obtenue par le Journal.

Près de 20 % des écoles sont situées à moins de 500 mètres d'un restaurant rapide, une proportion qui grimpe à 75 % à l'intérieur d'un rayon de 1000 mètres.

Dans un des établissements scolaires examinés lors de cette étude, pas moins de 67 fast-foods sont situés à proximité.

«La tentation est forte pour les jeunes d'aller dans un fast-food. Surtout quand on compare tout le marketing que font les chaînes de restauration rapide comparativement aux petites campagnes de pub du gouvernement», affirme l'auteur de l'enquête, Yan Kestens, chercheur à la direction de la santé publique de Montréal.

Pour son étude qui sera dévoilée le 9 mai prochain durant le congrès de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS), le chercheur a combiné des données de la restauration rapide et celles de 1201 écoles primaires et secondaires de la grande région de Montréal.

Milieux défavorisés

Il a découvert que la densité des fast-foods près des écoles augmente en flèche dans les milieux plus défavorisés.

Les 36 écoles qui ont plus de cinq restaurants rapides à moins de 500 mètres sont situées dans des secteurs où le revenu moyen des ménages est de 41 805 $.

En comparaison, les 693 écoles n'ayant pas de fast-food dans un rayon de 500 mètres jouissent d'un revenu moyen par ménage de 61 847 $.

«L'étude montre que les établissements scolaires ont une forte exposition à la malbouffe, mais aussi qu'elle est inégale socialement», dit l'auteur de l'enquête.

L'assainissement des menus dans les cafétérias des écoles est inutile si les jeunes n'ont qu'à traverser la rue pour aller engloutir des frites ou un hamburger dans un restaurant rapide.

«Il faut travailler sur les environnements dans lesquels sont situées les écoles», croit Yan Kestens.

Faut-il interdire carrément les fast-foods dans un certain rayon près des établissements scolaires? «C'est un choix politique. Mais il faut y penser», répond ce dernier.


 

6 mai 2007 - L’incohérence de nos gouvernements est vraiment déconcertante.  Informer la population afin de lui permettre de prendre des décisions éclairées pour sa santé, est une politique qui ne heurte nullement le libre arbitre de citoyens.  Contrairement à la fumée du tabac qui est perceptible immédiatement par son odeur, le consommateur ne peut pas deviner quel produit est génétiquement modifié et quel ne l’est pas, à moins que cela soit indiqué sur l’emballage.  Pourquoi le gouvernement refuse de rendre cet étiquetage obligatoire?  Quelle ironie d’invoquer la loi du marché et encourager les consommateurs de faire pression auprès des compagnies pour y voir un changement!  N’est-ce pas que cette même loi du marché avait commencé à faire ses preuves en ce qui a rapport au tabac puisque de plus en plus d’établissements devenaient non-fumeur de leur propre gré?  Pourquoi refuser de rendre l’étiquetage obligatoire lorsqu’on sait que cette mesure n’est ni coûteuse ni contraignante contrairement à la loi anti-tabac qui a conduit un nombre d’établissements à la faillite, a contribué à faire augmenter la contrebande à des niveaux alarmants, a stigmatisé 25% de la population, a chambardé l’harmonie du peuple et a violé avec outrage les droits individuels et les droits à la propriété privée?  Il faut croire que la devise des gouvernements est ''pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué''. 

OGM

À quand l'étiquetage?

Le Journal de Québec

06/05/2007 06h41  

Trois ans après l'adoption à Ottawa d'une loi sur l'étiquetage volontaire des produits contenant des OGM, aucune industrie n'a encore apposé la fameuse mention sur les emballages destinés aux consommateurs canadiens.

La timide loi fédérale sur l'étiquetage volontaire des produits contenant des organismes génétiquement modifiés (OGM), adoptée en avril 2004, est complètement désuète.

En effet, «on n'a pas vu apparaître un seul produit mentionnant la présence d'OGM dans ses ingrédients», déplore Nalini Vaddapalli, d'Option consommateurs.

On veut savoir

Pour Bernard Bigras, porte-parole en matière d'environnement au Bloc québécois, l'inefficacité de cette mesure volontaire est la preuve que «la réglementation est taillée sur mesure pour l'industrie plutôt que de baliser un certain nombre de garanties pour la population».

Devant ce constat, groupes de défense des consommateurs, écologistes et politiciens se sont regroupés hier au sein d'une vaste coalition pour réclamer encore une fois l'étiquetage obligatoire, seule façon pour les consommateurs de savoir précisément ce qu'ils avalent.

Et les consommateurs veulent savoir. Selon les derniers sondages commandés par Greenpeace, 95 % de la population considère qu'elle a le droit de savoir si ses aliments proviennent de cultures d'OGM.

«Ce n'est pas une question de savoir si c'est dangereux ou non, estime Éric Darier, de Greenpeace. Le problème, c'est que les seules études existantes sont classées sous le sceau du secret commercial. Alors on est en droit de se poser de sérieuses questions et donc, d'exiger un étiquetage.»

Normes internationales

La coalition reproche également au Canada de bloquer - de concert avec les États-Unis - l'adoption de normes internationales concernant l'étiquetage obligatoire dans le cadre du protocole de Carthagène sur la biosécurité.

La Commission du Codex Alimentarus, qui relève de l'Organisation des Nations unies, se réunit d'ailleurs cette semaine à Ottawa pour discuter de cette question.

Greenpeace rappelle que si le fédéral ne prend pas ses responsabilités, ce sera au provincial de s'attaquer au problème, soulignant au passage que le gouvernement Charest s'était engagé en 2003 à rendre l'étiquetage obligatoire mais que là non plus, rien n'a été fait.

- Le ministre de l'Agriculture Chuck Strahl estime que c'est aux consommateurs de faire pression sur les compagnies pour obtenir l'étiquetage et que la loi du marché forcera la main des compagnies si la demande est assez forte.

- Le Canada est le quatrième producteur d'OGM du monde après les États-Unis, l'Argentine et le Brésil.


1 mai 2007 - Pas beaucoup de choses à ajouter à cet excellent article de Richard Martineau, ne serait-ce que pour dire que la modération a bien meilleur goût dans tout.  Il est primordial qu’un équilibre entre les droits individuels et la conscience sociale s’établisse et comme M. Martineau, nous croyons qu’il est grand temps que ceci se fasse avant que la situation actuelle dégénère davantage et qu’on ait perdu tout le sens du plaisir. 

Franc-Parler

Quarante ans plus tard

Richard Martineau

Le Journal de Montréal

01/05/2007 06h21  

Il y a quarante ans, le Québec s'ouvrait au monde avec Terre des Hommes.

Comme le chantait Beau Dommage: «En 67, tout était beau, c'était l'année d'l'amour, c'était l'année d'l'Expo...»

Comme tous les enfants qui découvrent le monde, on était extraordinairement naïf.

On croyait que l'URSS était un grand pays démocratique, que la Chine avait fait un grand bond en avant, que les Africains passaient leurs journées à rire et à jouer du tambour, que les États-Unis ne pensaient qu'à exporter le progrès et la liberté aux quatre coins du monde...

Bref, on avalait n'importe quelle sornette, en autant que l'emballage était joli.

La preuve: on nous vendait de la viande avariée en disant que c'était du bison, et des canettes vides en disant qu'elles contenaient de l'air de l'Expo!

Plus naïf, tu meurs.

La génération «moi»

Il faut dire que la conscience planétaire n'était pas très développée.

Dans les années 60, ce n'était pas la collectivité qui importait, mais l'individu.

Je, me, moi.

C'était la décennie du plaisir, on s'éclatait tous azimuts, la drogue, le sexe, la rébellion, la musique.

L'important, c'était le trip, l'expérimentation. Fuck le reste! JE m'éclate, JE m'amuse, JE m'exprime.

La responsabilité sociale? JE m'en balance!

Aujourd'hui, c'est le contraire. On est à l'ère de l'hyperlien, de l'effet papillon, tout est lié, tout est connecté.

Tu prends de la drogue? Tu enrichis le crime organisé! Tu manges de la viande? Tu détruis l'écosystème! Plus moyen de parler de drogue sans parler de surdose et de dépendance, de liberté sexuelle sans parler de sida ou d'avortement, ou de célibat sans parler de dénatalité...

Les «tripeux» sont maintenant considérés comme des êtres immatures, égoïstes, irresponsables.

 Dans le rang!

 Comme c'est souvent le cas, on est passé d'un extrême à l'autre.

 Avant, tout ce qui comptait, c'était le plaisir. Maintenant, c'est la responsabilité.

 Plus moyen de sortir du rang sans se faire rappeler à l'ordre.

 Dans les années 60, on se méfiait de la morale comme de la peste et l'on prenait plaisir à transgresser toutes les règles. Quarante ans plus tard, les donneurs de leçons règnent en maître.

 Plus moyen d'ouvrir un journal sans se faire dire quoi manger ou comment se comporter.

 Ne fume pas, ne mange pas de gras, n'achète pas tel produit, ne visite pas tel pays, n'emprunte pas tel moyen de transport, ne bois pas trop, ne prends pas de drogue, lève-toi tôt, performe au travail, fais de l'exercice, élève tes enfants de telle façon...

 Vous ne trouvez pas qu'on étouffe, vous?

 Dans les années 60, les motards du film Easy Rider passaient pour des héros. Aujourd'hui, on les jetterait en tôle.

 Un banc de poissons

 Oui, le monde a progressé depuis les années 60. On est plus responsable, moins égoïste, moins je-m'en-foutiste...

 Mais j'ai l'impression qu'en chemin, on a perdu la notion de plaisir.

 L'individu qui ne pense pas comme les autres est suspect. La société ressemble à un banc de poissons, tout le monde nage dans la même direction.

 Des fois, je me dis qu'on est dû pour un nouveau Refus global...


13 avril 2007 - Dans un monde où la tendance est d’atteindre le bonheur à tout prix, nous avons laissé très peu de place à la tristesse, phénomène tout à fait naturel qui est souvent inévitable.  Jadis, l'écoute d'un parent, un ami ou une personne de confiance suffisait pour atténuer notre peine.  Aujourd’hui, dans une société largement influencée par les intérêts pécuniaires des géants pharmaceutiques et le manque d'écoute des médecins surchargés,  on prescrit une pilule pour tous les maux, même ceux qui faisaient naturellement partie des hauts et des bas de la vie.  L’article qui suit est un survol de ce problème contemporain qui est la surconsommation de la pilule miracle qui finit par faire de nous des automates heureux. 

Dépression: le quart des diagnostics sont erronés

Marie Caouette

Le Soleil

Vingt-cinq pour cent des diagnostics de dépression seraient erronés, selon une étude publiée ce mois-ci dans les Archives de psychiatrie générale. Depuis des années, on confond une réaction humaine normale de tristesse, à la suite d’une épreuve ou d’un évènement malheureux, avec la dépression.

Ces faux diagnostics sont posés sur des personnes qui manifestent au moins cinq symptômes de dépression (tristesse, fatigue, insomnie, pensées suicidaires, etc.) pendant plus de deux mois après le décès d’une personne proche. Deux mois, c’est le temps normal de deuil, selon les psychiatres.

Dans cette foulée, la bible des psychiatres, le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (DSM), n’accorde que deux semaines pour se remettre d’une rupture amoureuse, d’une perte d’emploi ou d’une chute de leurs actions en Bourse. Une tristesse qui perdure au-delà de cette période est aussi signe de dépression.

Un des auteurs de l’étude qui remet en cause le quart des diagnostics de dépression, le professeur Michael B. First, de l’Université Columbia de New York, est paradoxalement un des « pères » du DSM.

On estimait jusqu’ici qu’un Américain sur six ferait une dépression au cours de sa vie. Cette statistique pourrait être réduite de 25 % à la suite de cette étude, qui a consisté en une révision du dossier de plus de 8000 personnes chez qui des médecins avaient diagnostiqué une dépression. Les chercheurs ont découvert que ceux qui avaient vécu des évènements stressants avaient rapporté plusieurs symptômes de type dépressif durant une période prolongée, mais qu’un petit nombre seulement avaient des symptômes assez graves pour être vraiment classés comme dépressifs.

Traitement inapproprié

Une autre de leurs conclusions est que les traitements pharmaceutiques sont donc souvent inappropriés pour ces personnes qui auraient plutôt besoin d’une thérapie.

Cette approche existe déjà chez les psychiatres anglais, signale Charles Rice, directeur d’AGIR, un regroupement de 35 organismes actifs en santé mentale dans la région de Québec. « De concert avec les organismes du milieu, ils cherchent à élargir l’accès à d’autres formes d’aide, comme les psychothérapies, pour les troubles de l’humeur. » À Québec, on vit aussi cette mutation.

Selon Rice, les faux diagnostics de dépression peuvent être attribués à un manque de sensibilité de certains médecins au contexte de vie de leurs patients. « Il y a un côté subjectif, arbitraire dans un diagnostic de dépression. Ce n’est pas comme un test physique objectif.

En santé mentale, la frontière est difficile à établir entre ce qui est normal et ce qui est pathologique. Les causes de la dépression sont encore inconnues. Qu’est-ce qui fait qu’un individu vit soudain un World Trade Center intérieur, pourquoi s’effondre-t-il ? »

La pression de l’industrie pharmaceutique aurait aussi joué un rôle dans la dérive des diagnostics de dépression. Le marché des antidépresseurs représente 12 milliards de dollars par an, aux États-Unis seulement.

La bible des troubles mentaux est constituée à partir de consensus entre les psychiatres américains sur divers critières de diagnostic. Une cinquième version sera disponible en 2010 ou 2011.

Le concept du « rétablissement »

Le « rétablissement » est le concept-clé dans le milieu de la psychiatrie depuis une vingtaine d’années. Les anglophones utilisent le terme recovery.

Ce mouvement s’appuie sur le vécu d’ex-psychiatrisés américains. Des chercheurs ont constaté que 60 % des ex-patients schizophrènes des hôpitaux psychiatriques du Vermont et du Maine sont suffisamment rétablis pour mener une vie normale. Ils travaillent, n’ont plus de symptômes ou de comportemens bizarres et certains ne prennent plus de médicaments. Ils ne seraient plus identifiables comme d’ex-psychiatrisés, à première vue.

Le Vermont a un taux de rétablissement supérieur à la moyenne, en raison de pratiques différentes en santé mentale. Depuis les années 50, les malades s’y voient offrir des programmes de réhabilitation et d’intégration communautaire alors que dans le Maine, on misait sur la réduction des symptômes.

Ces constatations ont été faites à la suite de cinq études de suivi à long terme de cette clientèle, expulsée dans la vague de désinstitutionnalisation.

« Même de graves problèmes de santé mentale n’empêchent pas de s’en sortir », conclut Charles Rice, du regroupement AGIR (Alliance des groupes d’intervention en rétablissement).

Porté par les usagers américains, ce mouvement est aussi une critique du modèle biomédical en psychiatrie. « Il défait l’idée reçue de pathologie à vie accolée aux troubles mentaux. » Qu’est-ce qui amène ce rétablissement ? « Plusieurs choses périphériques aux soins de santé eux-mêmes, dont souvent une personne qui leur a fait confiance », affirme Rice.

Logé dans la sacristie d’une église du quartier Saint-Roch, l’organisme AGIR existe depuis 21 ans.

Il regroupe 35 groupes communautaires de Québec, aux activités très diverses mais toutes axées sur la santé mentale, qui ont répondu aux besoins de 14 000 personnes au cours de la dernière année. Par comparaison, les services publics ont reçu 7000 clients durant la même période.

Les troubles de l’humeur (anxiété, dépression et autres) touchent un nombre assez important de personnes. Un à deux pour cent de la population est affectée de problèmes de santé mentale plus graves, telle la schizophrénie. Au total, 80 % des situations devraient être prises en charge par les organismes communautaires ou publics de première ligne, plutôt que par les hôpitaux.

 


10 avril 2007 – Beaucoup d’encre a coulé ces derniers jours sur l’interdiction de fumer dans sa propre maison.  Nous avons choisi de vous présenter cet article en raison de sa pertinence sur les droits individuels. 

Des nez et des sous

Le Nouvelliste

Il est normal, lorsque l'on commence à voir le fond du baril, que la lie se mêle de plus en plus fréquemment au vin. L'antitabagisme en offre un bel exemple, qui tente de franchir une nouvelle étape de sa Longue Marche avec, cette foisci, des propriétaires d'immeubles qui voudraient pouvoir interdire à leurs locataires de fumer dans les appartements qu'ils leur louent.

Ce qu'il y a d'intéressant à observer dans cette démarche "citoyenne", ce sont les raisons qui motivent cette demande de la part de la CORPIQ: les sous. Et si les sous apparaissent dans le débat, c'est à cause des nez. Il fallait s'y attendre: ces mêmes nez qui n'en pouvaient plus de sentir la fumée des fumeurs autour d'eux dans les restaurants et les bars, comment pouvait-on croire qu'ils l'endureraient dans leur salon?

Alors ils râlent, encouragés qu'ils sont par le bruit populaire. Et les proprios s'énervent d'avoir à repeindre des murs sous prétexte qu'ils sentent le tabac. Nous devrions donc, collectivement, examiner la possibilité d'interdire à certaines personnes de fumer chez elles, et ce, ultimement, parce que certaines autres personnes n'aiment pas l'odeur que cela dégage.

Faut-il rappeler que c'est au nom de la santé que cette campagne antitabagisme a vu le jour, voilà maintenant plus de 30 ans, et que c'est en son nom qu'elle a été menée tambour battant depuis lors, sans jamais s'inquiéter par ailleurs des droits et privilèges qu'elle foulait aux pieds dans son avancée triomphante. Cette liaison constante entre santé et lutte antitabac reste d'ailleurs problématique, quoi qu'on en dise. Si le fumeur court des risques en fumant, c'est son problème (et les taxes qu'il paye défraient largement les coûts que son habitude représente, ce qui n'est le cas de personne d'autre à ce que l'on sache).

Quant à la fumée dite "secondaire ", on attend toujours les études scientifiques sérieuses et honnêtes qui tendraient à nous en montrer la dangerosité. D'ici là, force est de reconnaître qu'elle a plus à voir avec la légende urbaine et la mystification. Mais dans le cas qui nous occupe ici (et à moins de pousser la cuistrerie jusqu'à introduire un nouveau concept, celui de la "fumée tertiaire"...), il n'est question que d'inconfort. Des nez, des sous; c'est tout.

N'est-il pas évident qu'avec la lutte antitabac nous sommes devenus collectivement fous? Fous et dangereux, qui songeons à restreindre des libertés individuelles chèrement acquises au fil des siècles au nom de principes comportementaux qu'un individu ne devrait jamais s'appliquer qu'à lui-même.

Il est plus que temps de se rendre compte que, indépendamment de la position des uns et des autres à propos de la consommation du tabac, le pouvoir que se donnent les autorités d'intervenir dans des domaines qui relèvent de la liberté individuelle est inquiétant, troublant et inacceptable.

Il est plus que temps de comprendre que cette ingérence des autorités est bien plus dangereuse que les risques pour la santé que représente le tabac. C'est cette ingérence répétée qui rend possible une telle démarche de la part de la CORPIQ, démarche qui, analysée froidement, ne devrait se conclure que sur le renvoi brutal des demandeurs à leurs propres affaires et au respect du contrat social tel que nous, citoyens, acceptons de le signer avec nos représentants.

Si nous décidons de permettre aux propriétaires d'immeubles d'interdire à leurs locataires de fumer sous prétexte que d'autres locataires s'en trouvent incommodés, alors ouvrons le dossier à sa pleine dimension. Si c'est une question de nez, pour ma part, il y a des aisselles, des parfums à la mode et certaines fritures que j'ajouterai à la liste des récriminations. Et si l'on tient tout de même à parler de santé, ajoutons alors les BBQ, les foyers de cheminée, la circulation automobile...

L'auteur, Yvon Corbeil, est un professeur de Trois-Rivières et auteur du pamphlet "Passage à tabac" publié chez Lanctôt en 1999.


 

le 29 mars 2007 - Suite aux résultats des élections du 26 mars, le peuple québécois a exprimé sa frustration accumulée.  Le message que le peuple Québécois a envoyé à nos dirigeants ne peut pas être plus clair.  Assez c’est assez!  Assez d’un gouvernement tout puissant qui soustrait l’individu de toute initiative personnelle.  Assez d’un gouvernement tout puissant qui n’écoute pas son électorat.  Assez d’un gouvernement qui prétend connaître nos besoins mieux que nous même. 

Dans le même ordre d’idées, nous vous proposons cette chronique de M. Richard Martineau qui décrit l’État tout puissant qui a remplacé l’église du temps et pourquoi que le Québec n’en veut plus. 

Richard Martineau

L'attaque contre le clergé

29/03/2007

J'écrivais hier que la percée soudaine de l'ADQ était une sorte de retour du refoulé, une réaction tardive à la fuite en avant vitesse grand V amorcée par le Québec lors de la Révolution tranquille.

C'est aussi une attaque contre le dogme religieux qui étouffe le Québec depuis quarante ans.

On me dira que le Québec s'est libéré de l'emprise de la religion dans les années 1960.

Faux. On a juste changé de dieu.

Notre dieu, maintenant, s'appelle État.

C'est lui qui prend en charge chaque aspect de notre vie, qui nous récompense quand on est gentil et qui nous punit quand on est méchant. C'est lui qu'on prie quand ça va mal, c'est devant lui qu'on s'agenouille quand ça va bien et c'est lui qu'on invoque quand on a une faveur à demander.

Le dieu État a son clergé, ses curés, ses fidèles, son dogme, ses prophètes, sa littérature, ses églises, ses apôtres, son Père, son Fils, son Saint-Esprit.

Et malheur à ceux qui osent le critiquer! Ça ne se fait tout simplement pas.

Le petit catéchisme

Comme la religion catholique dans les années 1950, la religion de l'État Providence est un vaste système de pensée qui englobe tout et qui régit tout. On ne peut penser au-delà de son horizon, et ceux qui essaient sont voués aux gémonies.

«Quel est le créateur du monde moderne?

- L'État est le créateur du ciel et de la terre et de toutes les choses visibles et invisibles.

- Qu'est-ce que l'État?

- L'État est un système infiniment parfait.

- Où est l'État?

- L'État est partout.

- L'État nous voit-il?

- Oui, l'État nous voit et veille sur nous.»

Prenez votre petit catéchisme et remplacez le mot Dieu par le mot État, vous verrez, ça colle parfaitement.

Les baby-boomers qui ont jeté la religion par-dessus bord dans les années 1960 ne se doutent pas jusqu'à quel point la structure qu'ils ont mise en place pour combler le vide étouffe les jeunes nés après les Jeux olympiques et la victoire du PQ.

Dans les années 1960, l'État était une locomotive qui tirait la société québécoise en avant. On en avait besoin.

Mais aujourd'hui, c'est l'inverse. L'État est devenu gros, obèse, suffisant, et c'est la société québécoise en entier qui le traîne, qui le pousse et qui se saigne pour le nourrir.

Vous trouvez que c'est une bonne façon d'avancer, vous?

La chance au coureur

Voici pourquoi l'ADQ a effectué une telle percée, selon moi. Parce qu'il y a de plus en plus de gens qui en ont ras le bol de ce dogme-là. Ils veulent avoir le droit de penser autrement, le droit d'essayer autre chose, de tester un autre modèle, plutôt que de toujours conduire le même maudit char qui rentre dans le même maudit mur.

Mario Dumont va tout balancer par-dessus bord, donc?

Je ne crois pas.

Lundi soir, dans son discours, il a dit qu'il voulait «moderniser l'État québécois», pas le détruire.

Alors, à tous mes amis qui ont des tronches longues comme ça depuis trois jours et qui prédisent l'Apocalypse, je dis seulement une chose: attendons voir, donnons une chance au coureur.

Qui sait? Le gars va peut-être nous surprendre.

Le dieu État a son clergé, ses curés, ses fidèles, son dogme, ses églises, ses apôtres...

 


22 mars 2007 - Chez C.A.G.E. nous sommes enchantés de constater que les tribunaux respectent encore le droit à la libre expression.  La censure des citoyens pour le motif que  leur opinion (qui ne suscite pas la haine) peut offusquer  d’autres, est la pire menace pour la liberté en général.

 

Caricatures de Mahomet

Charlie Hebdo est blanchi en cour

Associated Press (AP) 

22/03/2007 12h04 - Mise à jour 22/03/2007 12h11 

Le directeur de publication de Charlie-Hebdo, Philippe Val  © AP

En France, le tribunal correctionnel de Paris a débouté aujourd'hui les organisations musulmanes qui poursuivaient le journal Charlie-Hebdo à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006.

La décision a aussitôt été saluée par une salve d'applaudissements d'un public acquis à la cause de l'hebdomadaire satirique.

Philippe Val, directeur de publication de Charlie-Hebdo, a dit que le jugement du tribunal correctionnel constituait une bonne nouvelle pour les musulmans laïcs et républicains et pour ceux qui croient à la liberté d'expression.

Il a ajouté que si c'était à refaire, Charlie-Hebdo publierait à nouveaux ces caricatures.

Trois dessins du numéro spécial de ce journal consacré aux caricatures de Mahomet étaient poursuivis par deux composantes du Conseil français du culte musulman, la Grande mosquée de Paris et l'Union des organisations islamiques de France, rejointes par la Ligue islamique mondiale.

Le dessin réalisé par Cabu représente, sous le titre «Mahomet débordé par les intégristes», un prophète soupirant: «C'est dur d'être aimé par des cons».

Le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam et d'où sort la mèche d'une bombe.

Enfin, le troisième montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: «Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges».

Les avocats de la Grande Mosquée de Paris, ont annoncé qu'ils ne feraient vraisemblablement pas appel, mais l'UOIF a annoncé une volonté contraire.

 


Le dimanche 11 mars 2007

Trop, c'est comme pas assez

Marie-Christine Blais

La Presse

Excessif, le discours sur l'embonpoint chez les enfants? Exagérés, les propos sur les troubles alimentaires chez les plus jeunes? Plus concrètes que toutes les statistiques du monde, deux anecdotes viennent illustrer l'ampleur du problème.

À l'occasion du 35e anniversaire de l'école de musique Les Petits Violons, il y a quelques années, j'ai interviewé Jean Cousineau, fondateur de l'école. Qu'est-ce qui avait donc le plus changé en 35 ans? Je m'attendais à ce que M. Cousineau me réponde «la discipline» ou «la culture générale».

Surprise complète : «Ce qui a le plus changé, a-t-il répondu, c'est la masse musculaire des enfants. Ils ne jouent plus dehors après les classes, ils ne reviennent plus de l'école à pied. Or, pour jouer du violon, il faut de bons muscles dans le dos, les bras, les jambes, le cou. Il a donc fallu ajouter des cours d'éducation physique à notre programme!» Une démonstration on ne peut plus éclairante sur le manque d'exercice des enfants...

Seconde anecdote. Interrogé récemment sur les troubles alimentaires chez les plus jeunes et la façon d'aborder le sujet, le Dr Jean Wilkins, spécialiste dans le domaine depuis 32 ans à l'hôpital Sainte-Justine, ne peut s'empêcher de s'exclamer, avec tristesse : «Nous sommes débordés de cas d'anorexie, nous vivons un début d'année record en matière de troubles alimentaires. Et ils sont de plus en plus jeunes... »

Dans le cas de ses petites malades - car la majorité sont des filles -, ce n'est pas l'exercice qui est le problème, au contraire. «J'ai coutume de dire qu'on reconnaît mes patientes facilement : quand elles vont promener le chien, elles courent DEVANT le chien. Elles bougent trop! Mais de plus en plus de garçons comme de filles, de plus en plus jeunes, se font vomir après avoir mangé», reprend-il.

Pourquoi? «Parce qu'ils se font dire de faire attention à leur poids par tout le monde : leur pédiatre leur fait remarquer qu'ils sont dans le 90e percentile au-dessus (de la moyenne), l'école les fait se peser, les parents les surveillent quand ils mangent. La solution logique, du point de vue des enfants, c'est donc de manger parce qu'ils ont faim, naturellement, puis de se faire vomir. C'est leur réponse à la commande.»

Arrêtons de culpabiliser

Entre le trop et le pas assez, que faire pour que les enfants mangent correctement et soient en bonne santé physique? «S'arranger pour que manger redevienne simple, le fun et bon, répond le Dr Wilkins. Et arrêter cette maudite culpabilité, arrêter de douter de nous-mêmes comme parents : on fait tous des efforts pour que nos enfants aient le meilleur, arrêtons donc de nous surveiller et de les surveiller!»

«Si on a des enfants qui ont effectivement des problèmes d'embonpoint, dit pour sa part Yves Potvin, éducateur physique et créateur de la Bande sportive EPS (www.bandesportive.com), il faut souligner toutes les petites réussites, les encourager, renforcer leur image. Je me souviens d'une élève qui avait un véritable problème d'obésité. Or, les enfants devaient faire une série d'exercices avec course, élan, obstacle, et se préparer en conséquence par équipe de deux : quand ils se sentaient prêts à faire la série, ils se présentaient devant moi et s'exécutaient. Moi le premier, j'étais sûr que la petite fille ne réussirait pas et j'avais vraiment peur qu'elle tombe, qu'elle se blesse. Bref, à un moment donné, elle se sent prête et se présente... Et elle a réussi. Tout le gymnase s'est immobilisé, puis s'est mis à l'applaudir, à lui faire une vraie ovation, et c'est incroyable le bien que cela a fait à cette petite fille et sans doute à tous les enfants dans son cas. Pour ma part, en tout cas, c'est le plus beau et le plus grand moment professionnel de ma vie! Il faut croire en eux, ils sont capables.»


 

 

4 mars 2007 - C’est avec un grand plaisir que nous avons lu l’article de Marie-Claude Lortie   dans la Presse et que nous vous offrons.  Au lieu d’embarquer dans l’hystérie de l’anti-obésité, elle a été capable de faire la part des choses avec beaucoup de lucidité.  Nous avons besoin davantage de journalistes de son calibre pour freiner la tendance de l’état nourrice. 

MARIE-CLAUDE LORTIE

Le pogo et la kalamata

Marie-Claude Lortie

La Presse

Avez-vous lu le dossier publié dans La Presse hier sur le contenu des assiettes des Québécois ?

C'était hyper intéressant et rafraîchissant.

D'abord, il ne contenait pas de menaces, pas de cri d'alarme, pas de crise de nerf, pas de : «Ô horreur ! Sûrement guidés par Satan, les Québécois mettent du beurre sur leur pain blanc et prennent parfois, ma foi, eh bien oui, prennent parfois du dessert à la crème !»

En fait, les articles rédigés par ma collègue Stéphanie Bérubé nous apprenaient plutôt que les Québécois adorent les fromages comme le Migneron de Charlevoix, qu'ils veulent goûter aux rapinis si, à la télé, on leur montre comment les préparer, qu'ils consomment plus de fruits tropicaux, de champignons, de brocoli, d'huile d'olive...

Bref, contrairement à ce que laissent croire tous les cris d'alarme catastrophistes donnant l'impression qu'on passe la journée chez Burger King, les Québécois mangent, en réalité, de façon plus diversifiée et plus curieuse que jamais.

J'espère que les militants, intervenants, bénéficiants et autres réfléchissants anti-obésité vont tout de suite mettre cette information dans leur pipe à yaourt 0 % pour en tirer une sérieuse leçon. Laquelle ? Qu'ils doivent arrêter, sur-le-champ, de traiter la population comme si elle était une bande de bambins refusant de terminer leur assiette de choux de Bruxelles. Car c'est faux. Qu'il soit de Matane ou de Sherbrooke, le Québécois mange ses choux de Bruxelles. Et à Kuujjuaq, il adore le sushi.

S'il y a des messages anti-obésité à communiquer, c'est sur cette la base de cette diversité gourmande qu'il faudra les construire. On dira alors : «Continue de faire tes courses chez Adonis, cher Montréalais, mais es-tu sûr que tu dois manger cinq brochettes d'agneau? As-tu encore réellement faim après deux?» C'est tout ce qu'il faudra dire. Après, on se taira, on fera demi-tour et on laissera les gens souper en paix.

Ce qui m'inquiète avec les politiques anti-obésité qui se préparent grâce aux 200 millions annoncés l'automne dernier par Québec, c'est que j'ai de bonnes raisons de croire qu'elles ne s'inspireront pas de la réalité décrite dans le dossier d'hier, mais plutôt de la règle du 20-80. Celle qui dit que 20 % de la population a 80 % des problèmes de santé et que là est la base des politiques de santé publique.

Alors tant pis si les Québécois sont de plus en plus nombreux à souper le samedi soir au poulet à la pancetta ou au boeuf à l'anis étoilé de Josée di Stasio. On va quand même nous parler comme si nous étions tous accros aux pogos congelés.

Délicieux, n'est-ce pas ?


‘’ La moitié des fillettes de huit ans ont déjà fait une tentative de régime pour modifier leur corps. L'anorexie apparaît parfois dès cet âge.’’ 

  Pendant ce temps là, notre gouvernement dépense des millions pour bombarder la population avec des messages anti-obésité qui ne peuvent qu’empirer le problème des désordres alimentaires.  Il est aussi plus que temps que le terme ‘’épidémie’’ retrouve son vrai sens, soit celui d’une propagation d’une maladie contagieuse et que la santé publique retrouve le sens de l’équilibre dans ses dépenses et son discours.   

Épidémie d'anorexie et de boulimie

«On ne suffit plus à la demande» - La Maison L'Éclaircie

Johanne Roy

Journal de Québec

28/02/2007 07h03  

Depuis trois ans, la proportion de jeunes souffrant d'anorexie ou de boulimie qui ont frappé à la porte de la Maison l'Éclaircie, à Sainte-Foy, a augmenté de plus de 150 %.

Au cours de la dernière année, cet organisme communautaire a traité près de 200 nouvelles demandes de services, en plus des suivis déjà en cours.

«On est complètement débordés! On a de la broue dans le toupet! Depuis un an, on sentait la vague s'amplifier. Depuis septembre, on ne suffit plus à la demande», a signalé, hier, la coordonnatrice de la Maison l'Éclaircie, Marlène Duchesne.

Selon Mme Duchesne, la sortie, l'automne dernier, du film La peau et les os a sans doute contribué à sensibiliser davantage de personnes au drame de l'anorexie. Plusieurs facteurs sont également en cause dans les troubles alimentaires.

Le Journal rapportait, hier, qu'une véritable épidémie d'anorexie et de boulimie touche des jeunes de la région. Les adolescentes demeurent les plus affectées, mais on constate une hausse des troubles alimentaires chez les garçons.

Contrôle obsessif

«On a remarqué, chez un certain pourcentage de garçons, que l'identité sexuelle, homosexualité, est en cause. Sinon, le malaise est le même que chez les jeunes filles: la notion d'image de soi, la gestion des émotions, la difficulté, pour les gars, à s'identifier au modèle masculin.

L'obsession du corps parfait est la même, à la différence que les garçons focalisent sur les muscles«, a signalé Mme Duchesne.

La moitié des fillettes de huit ans ont déjà fait une tentative de régime pour modifier leur corps. L'anorexie apparaît parfois dès cet âge.

«Les cas s'alourdissent. On remarque d'autres problèmes qui se greffent à l'anorexie, notamment des problèmes de santé mentale, de maladie bipolaire, d'abus, de violence, d'attitudes parentales inadéquates.

Certains parents transportent leurs propres blessures. Souffrir d'anorexie, c'est faire une abnégation de son corps. C'est un combat contre soi-même dans la destruction.»

Ressources insuffisantes

Seul organisme dans la région à offrir des services gratuits d'intervention et de soutien aux proches, la Maison l'Éclaircie a mis sur pied depuis novembre un service d'hébergement de fin de semaine pour sept jeunes. Le service d'écoute téléphonique reçoit entre 800 et 900 appels par année.

Son principal bailleur de fonds est l'Agence de santé de Québec, à hauteur de quelque 260 000 $ annuellement.

Le reste de l'argent provient de diverses activités de financement, dont un souper-bénéfice prévu le 10 mars, avec Étienne Drapeau, de Star Académie, qui a écrit une chanson sur les troubles alimentaires.


 

18 février 2007 - Le Québec est plongé dans le cœur d’un débat chaud sur les accommodements raisonnables à des groupes minoritaires religieux dans une société démocratique où les accommodements des uns ne briment pas   les libertés des autres.   Nous vous proposons un article de Mme Nathalie Elgabry   de l’Institut économique de Montréal qui nous expose son opinion sur l’accommodement raisonnable avec des points très valables qui portent à une profonde réflexion sur les tendances rébarbatives que certains d’entre nous adoptons lorsque nos racines religieuses se sentent menacées malgré que nous nous proclamons laïcs.   

Une fixation déraisonnable

Le Journal de Montréal , p. 25 Nathalie Elgrably, February 15, 2007

 

Je croyais que la question des accommodements n’était qu’une obsession passagère destinée à meubler le temps d’antenne d’animateurs en manque de nouvelles à sensation, mais j’avais tort. Devant l’ampleur du débat, une commission d’enquête a été ouverte pour étudier les accommodements, comme si le phénomène était nouveau et totalement inconnu.

Pourtant, nous effectuons quotidiennement, et sans même le réaliser, des dizaines d’«accommodements raisonnables» avec notre entourage afin de rendre la vie en société plus harmonieuse: on baisse le volume de la musique pour ne pas déranger les voisins, on ferme la fenêtre à cause du collègue frileux, etc.

Ainsi, personne ne blâmera deux voisins qui s’entendent pour s’abstenir de tondre la pelouse le samedi afin de jouir de leur jardin en toute sérénité. Toutefois, si l’entente a été conclue pour des raisons religieuses, l’affaire sera dénoncée sur toutes les tribunes. Pourtant, dans les deux cas, le geste est le même, seul le motif change. Ce n’est donc pas tant l’accommodement qui choque, mais bien le fait que la religion en soit à l’origine. Ainsi, depuis des mois, le débat porte sur les motifs et non sur les actes commis. Or, une société moderne ne devrait-elle pas accorder davantage d’importance au geste qu’à la raison qui l’inspire?

Le débat actuel affiche également une lacune majeure: il ne distingue pas les ententes conclues entre des parties privées des accommodements demandés à des entités gouvernementales.

Dans le premier cas, n’oublions pas que les parties privées jouissent de liberté contractuelle. Ainsi, quand les hassidim d’Outremont paient pour que le YMCA givre ses vitres, il s’agit d’un marché conclu, de manière libre et volontaire, entre deux agents privés et dans le respect de nos lois.

Que les motifs de l’entente nous plaisent ou non, que ce soit pour des raisons religieuses ou pour satisfaire une extravagance quelconque, nous n’avons pas voix au chapitre puisqu’aucun acte illégal n’a été commis. Il est même dangereux de permettre à des bien-pensants, convaincus de leur supériorité morale, de remettre en question la liberté contractuelle des parties concernées. Et puis, est-il si difficile de comprendre que si A accorde librement un accommodement à B, c’est qu’il s’agit, par définition, d’un accommodement que A juge raisonnable?

«Service de base »

Quant aux accommodements demandés à des instances gouvernementales, on pourrait clore le débat en appliquant un principe similaire à celui employé, entre autres, par Vidéotron. Il y aurait le «service de base», et il y aurait les extras pour lesquels il faudrait débourser davantage.

Comme nous voulons une société laïque, l’argent des contribuables devrait permettre aux propriétés de l’État d’offrir un service en accord avec cette laïcité. Le service laïc représenterait donc le «service de base». Ainsi, la personne qui se présente dans un hôpital ou à la SAAQ serait dirigée vers le premier travailleur disponible.

Quant à celle à qui le «service de base» ne conviendrait pas, elle pourrait obtenir un accommodement dans les limites de nos lois, et moyennant des frais supplémentaires proportionnels aux inconvénients qu’elle occasionne. Les minorités religieuses n’auraient donc rien à quémander, car elles paieraient pour les services qu’elles souhaitent obtenir. Introduire une tarification spéciale serait donc un «accommodement raisonnable» pour allier laïcité et convictions religieuses.

Certes, un État laïc ne doit pas imposer de religion commune. Mais doit-il nécessairement brimer la liberté de religion de chacun? Et pourquoi refuser aux minorités religieuses des accommodements si elles en assument les coûts, si leurs demandes ne causent aucun préjudice et si elles respectent nos lois? Parce que la religion est en cause? Il s’agirait alors d’une fixation déraisonnable!

 


 

6 février 2007 - Voici un bon exemple du pouvoir des consommateurs.  S’il est vrai que la décision de Masterfoods est vraiment basée sur ‘’les souhaits et commentaires des parents et des consommateurs sur la santé et le bien-être et les choix pour leurs enfants’’, cela illustre que le marché libre a la capacité de s’ajuster à l’évolution des habitudes et mœurs sans l’interférence excessive du gouvernement pourvu bien entendu que les consommateurs prennent la peine d’exprimer leurs désirs .  Nous ne pouvons que féliciter Masterfoods pour leur initiative, mais surtout les consommateurs qui ont fait   part de leurs préférences et espérer que ce geste incitera d’autres citoyens de s’exprimer sur ce qu’ils désirent. 

Le fabricant de Mars et M&M's ne visera plus les enfants dans ses publicités

Associated Press

Newark, New Jersey

Le groupe américain Masterfoods, fabricant des barres chocolatées Mars et Snickers, compte arrêter d'ici la fin de l'année la publicité visant les jeunes enfants de moins de 12 ans.

La nouvelle politique de Masterfoods, encore en cours d'élaboration, découle d'un rééxamen entamé l'an dernier à la suite de «souhaits et commentaires des parents et des consommateurs sur la santé et le bien-être et les choix pour leurs enfants», a précisé mardi la porte-parole de la compagnie Marlene Machut.

«Le principe général, c'est que nous ne ferons plus de publicité visant les enfants de moins de 12 ans, et c'est un engagement mondial, pour nos principales confiseries, bonbons et barres chocolatées», a-t-elle expliqué. Outre les barres Snickers et Mars, la nouvelle politique s'appliquera aux M&M's, Milky Way, Skittles, Starburst et Twix.

La nouvelle politique, annoncée lundi par le Financial Times ne devrait pas changer beaucoup la publicité de certains produits, dont les M&M's, selon Marlene Machut qui assure que les petits n'étaient pas leur cible principale.


 

On apprend par un rapport ce qu’on savait déjà : La législation et les mesures punitives ne sont pas le remède à tous les maux.  73% du budget consacré à faire appliquer une loi!  Que de l’argent et des ressources humaines gaspillées.  Ressources qui auraient pu très bien servir à prévenir, éduquer et assister ceux qui sont aux prises avec le fléau de la drogue.  Est-ce que nos gouvernements finiront un jour par apprendre de leurs erreurs?  

 

La guerre menée par Ottawa est un échec  

Presse Canadienne (PC) 

15/01/2007 17h00  

La guerre menée par Ottawa contre l'usage de drogues a été un échec total, selon un nouveau rapport.

La stratégie du Canada en matière de lutte contre les stupéfiants mettait trop l'emphase sur l'application de la loi au lieu de le faire sur les façons de réduire le nombre de victimes de la drogue, est-il écrit dans ce rapport rédigé par le Réseau juridique canadien VIH/sida.

Les auteurs du document -publié lundi dans le nouveau numéro de la Revue VIH/sida, droit et politiques- écrivent que la prévention, les traitements et la recherche ne sont pas suffisamment subventionnés.

Le secrétariat à la Stratégie canadienne antidrogue n'a pas encore déposé son premier rapport aux contribuables, alors qu'il doit le faire une fois tous les deux ans. Et c'est à peine si les initiatives de la stratégie fédérale sont évaluées afin de voir si elles donnent des résultats.

Les auteurs de l'étude, obtenue par le quotidien torontois Globe and Mail, ont constaté que les efforts d'application de la loi avaient monopolisé 73 pour cent du budget de 245 millions $ attribué au secrétariat. Une proportion de 14 pour cent de cette somme était consacrée aux traitements, le reste à la recherche (sept pour cent) de même qu'à la prévention et à la réduction des préjudices (trois pour cent).

«Par cette stratégie, le gouvernement fédéral continue d'investir lourdement dans des politiques et pratiques dont l'inefficacité ou les effets néfastes ont maintes fois été démontrés dans la littérature scientifique», concluent les chercheurs.


 

11 janvier 2007 - Un excellent article de M. Pierre Foglia qui décrit très bien la maladie qui ronge notre société occidentalle actuelle.  Ce désir hystérique de la sécurité absolue qui finit par nous empêcher de profiter pleinement de la vie selon nos croyances et limites.  À force de vouloir tenter d’éliminer tout risque afin d’avancer leur ordre du jour aux saveurs politiques et financières, les bureaucrates et organismes de santé, ont fini par répandre un climat d’hypochondrie généralisée et si on ne met pas un frein à cette hystérie c’est la peur de la peur elle-même qui finira par nous rendre malades.  Merci M. Foglia ! 

Hygiène mentale

Pierre Foglia

La Presse

C'était la question que posait Maisonneuve hier. A-t-on peur de la gastro pour rien? La réponse prévisible des invités : la gastro n'est pas rien quand on est déjà malade d'autre chose, ou diminué, ou très vieux. Le virus se transmettant très facilement, la gastro pose problème dans les lieux de grande promiscuité, les écoles, les hôpitaux, les centres d'hébergement. C'est la première partie de la réponse. La seconde, la vraie, parce qu'elle concerne la population en général : oui, on a peur pour rien. On fait un mélodrame d'un virus dont il est facile, quand on est en santé, de venir à bout avec un peu de repos.

J'abonde énormément. Mais pourquoi donc cette peur dont on devine qu'elle pourrait facilement devenir panique? Un psychanalyste est venu expliquer que c'était la faute des médias qui amplifient, qui déforment, qui ne savent pas quoi dire dans les creux d'actualité comme celui que nous traversons en ce moment. C'est la faute des médias à une exception, s'est empressé d'ajouter le psy : vous M. Maisonneuve. Vous, vous faites la part des choses. Plus téteux que ça tu deviens attaché de presse de Linda Lemay.

Bref, je repose la question à tout le monde sauf aux psys : d'où vient cette peur?

Elle vient de notre hystérique désir de vivre à risque nul. Elle vient de notre obsession de la sécurité. Bien sûr que ce sont les médias qui relaient cette hystérie du risque zéro, mais ils la relaient seulement. D'où vient-elle?

Des pouvoirs publics, et tout particulièrement des ministères de santé publique. Ce ne sont pas les médias qui ont inventé le virus du Nil, ils n'ont fait que mettre en page les 1 230 000 alertes des services publics pour mettre en garde la population contre cet effroyable mangeur d'hommes qui a fait un mort et demi en neuf ans.

Ce sont les ayatollahs de la santé publique qui nous ont convaincus de l'extrême danger de la fumée de la cigarette qu'est en train de fumer notre troisième voisin à la terrasse d'un café. De l'extrême danger du hamburger. Du risque incroyable que l'on prend en buvant du lait à 3,5 %.

Ce sont aussi les mêmes ayatollahs sanitaires sinon les mêmes, de la même école de pensée qui, il y a quelques années, ont été incapables d'identifier le risque de transmission du VIH dans les centres de transfusions sanguines. Ce sont les mêmes aussi, impuissants devant le lobby chimique combien de jobs ? combien de milliards ? , qui leur ferme la gueule sur les cancers qui tuent des centaines de milliers de personnes chaque année. Qu'allez-vous chercher là, le cancer n'a rien à voir avec la pollution chimique de l'eau, de l'air et des aliments.

Comme il faut bien qu'ils s'amusent à quelque chose dans leurs ministères, ils nous reviennent tous les ans avec leurs statistiques à pédale sur le nombre d'accidents mortels à vélo.

Quand t'embarques sur ton vélo, ou dans ton auto, quand tu traverses la rue à pied, tu prends le risque " normal " d'avoir un accident. Bon, te voilà blessé. On te conduit à l'hôpital. Et pouf, là tu meurs d'une infection au Clostridium difficile. C'est déjà moins normal. Je ne dis pas qu'il y a erreur humaine, ou administrative, ou politique, je dis qu'il y au moins erreur sur les priorités.

Je dis aussi : arrêtez donc de nous faire peur sur tout et sur rien. Arrêtez de fourrer votre nez dans nos assiettes, dans nos loisirs, dans nos plaisirs. Arrêtez de nous faire tirer le boulet de la prévoyance absolue, arrêtez de faire de la morale avec la santé publique.

Occupez-vous de la chimie et de ses cancers. Occupez-vous de la grippe aviaire qui va bien finir par arriver. Occupez-vous de la bactérie C. difficile. Occupez-vous du sida en Afrique, et crissez-nous patience avec vos phobies de consommateurs gavés.

Il suffit d'un séjour dans les pays en voie de crever de leur non-développement pour réaliser, au retour, combien est ridicule notre société de prévoyance absolue, plombée de toutes les peurs, où le vivre-ensemble se perçoit comme une extension de l'immunologie.

La santé publique chez nous passe de plus en plus par une hygiène mentale publique et ça, ça devrait nous faire bien plus peur que la gastro.

 


Il ne s'agit plus des dangers provoqués par la tabagie, mais d'une réorganisation des liens sociaux par délation.

Nouvelle terreur contre les fumeurs

Par Henri-Pierre JEUDY

QUOTIDIEN : vendredi 5 janvier 2007

Par Henri-Pierre JEUDY sociologue au CNRS-Laios.

Certains commencent à dire que fumer est un acte politique. Un acte «engagé» dans une société qui n'organise pas seulement la chasse aux fumeurs mais qui vilipende la tolérance elle-même. «Celui qui est tolérant envers les fumeurs ne fait pas preuve de tolérance mais de faiblesse et de lâcheté, car tolérer l'intolérable est une attitude suicidaire.» Ceux qui manifestent encore un respect de la liberté à l'égard de ceux qui portent la mort autour d'eux deviennent complices d'un suicide collectif. Finie la complaisance envers les fumeurs qui tuent ! Il faut leur opposer une procédure collective d'extermination et ne plus les laisser bénéficier des vertus sociales du civisme. Aucune courtoisie n'est possible envers ces destructeurs de la vie humaine. Ils ne méritent pas la moindre considération, ils veulent notre mort.

Bien plus : ils en ont conscience. Mais qui ne souhaite pas la mort de son prochain quand celui-ci est trop gênant ? Céline écrivait que, chaque jour, un homme avait envie de tuer au moins cinquante personnes. Dans une société soucieuse de gérer au mieux les risques qui la menacent, il ne s'agit plus de discuter la légitimité des interdits, mais de faire appel à une fonction salvatrice de la répression. Jusqu'à présent, on évaluait les risques, on parlait d' «individu à risque», on tentait de gérer «les populations à risque»... Il faudrait en finir avec cette stratégie sanitaire, la prophylaxie ne semble conforter qu'une tolérance devenue coupable au regard d'une dangerosité croissante. Si la menace est partout, il faut en éradiquer les causes et les effets en rendant la vie impossible à ceux qui la produisent.

Joli tableau de société ! La chasse aux fumeurs ne peut être de toute évidence qu'un prétexte pour mettre en oeuvre une légitimation des haines collectives contre les faiblesses d'un civisme condamné pour sa coupable mansuétude. Le moralisme n'est plus une défense des valeurs, il devient une arme offensive de protection. Et les tolérants, ceux qui défendent les libertés, sont traités comme des faibles quand il faut savoir choisir son camp. La pacification provoque la déliquescence des comportements, la guerre est le meilleur moyen de survivre. Tel serait ce nouvel appel à un totalitarisme fondé sur la nécessité indubitable de la survie collective. «L'individu à risque» coûte trop cher à une société qui ne peut plus se permettre de tolérer les aventures suicidaires de ses membres. La manière la plus judicieuse d'approcher le «risque zéro» n'est-elle pas de supprimer les personnes qui sont facteurs de risque ? Pour y parvenir, il faut passer par la délation organisée, dénoncer les coupables, les poursuivre en justice... Inutile de s'attaquer aux autres modes de pollution ! La focalisation sur la tabagie présente l'avantage de donner un visage à la menace.

En s'acharnant contre les fumeurs, on se confronte à la visibilité du mépris de la vie humaine. Même s'il n'y a pas que le tabac qui tue, les autres modes de destruction produits par les sociétés contemporaines sont rendus moins visibles afin que seule la référence à la pureté ambiante de l'air sans tabagie soit le rêve de l'avenir. Il est vrai que fumer peut apparaître comme un acte ostensible d'autodestruction, alors que bien des actes polluants ne présentent pas une pareille détermination. L'automobiliste ne pollue que par nécessité, il n'appuie pas sur l'accélérateur pour le plaisir d'envoyer du gaz carbonique dans l'air. Il est presque innocent, tandis que le fumeur, dès qu'il allume une cigarette, veut entraîner les autres dans sa propre mort. C'est un terroriste.

On peut comprendre comment une société parviendrait à légitimer le droit de supprimer la vie de ceux qui la menacent pour se protéger des désastres qu'elle encourt. Le moralisme qui se propage au nom de la survie collective ne sert que de décor mental à une opération sanitaire qui ressemble à s'y méprendre, aux abattages de poulets et autres gallinacés pour tenter d'arrêter la grippe aviaire. Puisque l'espace public est un territoire de contamination, il faut endiguer l'épidémie de tabagie en utilisant les mêmes moyens que dans la lutte organisée contre tout phénomène endémique.

Et c'est l'autodestruction du fumeur qui devient elle-même destructrice parce qu'elle est aussi sournoise qu'un virus, parce qu'elle se communique malencontreusement comme un signe ultime de la liberté, parce qu'elle semble dire «la liberté ou la mort». Quand on pense que, pour beaucoup, allumer une cigarette reste encore un acte anodin... C'est fini. On fume sur une scène tragique où se joue le destin du corps social, de ce corps qui survivra grâce à la démultiplication des normes de survie, des normes qui, coûte que coûte, le maintiennent en bonne santé. Pareilles normes sont définitivement débarrassées de l'arbitraire qui les constitue, elles imposent une nécessité vitale pour tous à l'état pur.

Quand, sur les photographies de Jean-Paul Sartre, sa cigarette lui a été retirée de ses doigts, ses doigts ont présenté au regard public ce léger écartement qui en laissait le souvenir. En observant au plus près sa main sur le côté, on pouvait remarquer qu'on lui avait vraiment dérobé son éternelle dernière cigarette. Ce qui lui manquait, ce qui lui avait été enlevé au nom de la bienséance qui caractérise notre époque, c'est une partie de lui-même.

Cette partie qui pourrait nous laisser abusivement croire que la cigarette aide à penser la société. Pourtant, les signes d'une consommation effrénée du tabac qu'offrent les images des temps passés semblent vécus dans la joie, si on en croit les visages réjouissants des stars avec leurs fume-cigarette. C'est cette vision anachronique du bonheur de fumer qu'il faut éradiquer aujourd'hui. La chasse aux fumeurs en s'inscrivant rétroactivement dans l'Histoire se donne les artifices d'une correction patrimoniale qui lui permet de prendre son envol pour l'avenir.

Les images d'autrefois sont-elles une source de contamination ? Dans une logique prophylactique imparable, il vaut mieux ne négliger aucun risque. Les portraits des morts, sans cigarette au bec, auront au moins l'air de vrais cadavres avec leurs lèvres écartées autour d'un trou.

On pourrait s'étonner aussi de voir combien les stratégies habituelles de la victimisation collective sont malmenées. Au lieu d'adopter le comportement de victime, les fumeurs et les non-fumeurs font front.

Finies les doléances qui entraînent des compromis et de la tolérance ! Fini le consensus autour de l'adage usuel «nous sommes tous des victimes» A la place de la séparation entre «espace fumeur» et «espace non-fumeur», il y a désormais les tueurs face aux défenseurs irréductibles de la vie saine. La société se réveille : à l'irresponsabilité des victimes succède la détermination des guerriers protecteurs du devenir de l'humanité. Chacun est appelé à être responsable du respect des interdits de fumer. Il ne s'agit plus seulement des dangers provoqués par la tabagie, mais d'une réorganisation des liens sociaux par la délation. Ce triste principe, bien connu dans l'histoire, permet d'assurer une meilleure cohésion du corps social grâce à l'exacerbation de la stigmatisation des fumeurs.


5 janvier 2007 - La campagne contre l’obésité, omniprésente dans les médias, amplifie la croyance qu’on a des livres en trop et ce même lorsqu’on a un poids santé, au point qu’on apprend par l’article qui suit, qu’une jeune fille de 9 ans sur trois voudrait maigrir.  On fait des pressions auprès du gouvernement pour réglementer l’industrie du régime, mais on oublie que ce même gouvernement devrait commencer par réglementer sa propre campagne contre l’obésité.  Campagne aux tons qui copient le modus opérandi de la campagne anti-tabagique et qui se dirige directement vers la dé-normalisation de tout-ce qui ne constitue pas un poids idéal selon les critères des bien-pensants qui ont manipulé l’indice de masse corporelle en 2003 créant ainsi du jour au lendemain 1 million d’obèses au Québec seulement.  Lorsque l’on songe à tous les problèmes psychologiques et physiologiques que des telles croyances peuvent apporter, on ne peut s’empêcher de qualifier les propos propagandistes du gouvernement, de totalement irresponsables.   Une éducation aux tons beaucoup moins alarmistes au lieu de la dé-normalisation avouée de l'obésité,  serait davantage bénéfique pour le bien-êtres autant psychologique que physique de tous. 

Des spécialistes veulent une réglementation  

Des experts en nutrition demandent aux instances gouvernementales de mettre en place une réglementation très claire.

Selon des statistiques de l'Ordre professionnel des diététistes du Québec, une femme sur deux de poids normal souhaite maigrir.

Soixante-dix pour cent des adolescentes ont déjà tenté de perdre du poids, une fillette de neuf ans sur trois.

Nicole Huberdeau a passé sa vie à se battre contre son poids.

«J'ai tenté de le régler par les moyens les plus simples, qui étaient tous les régimes miracles, dont la pilule qu'on prend avant de manger qui nous permet de manger un morceau de gâteau et de maigrir quand même pour finalement me rendre compte que ça fait maigrir juste le portefeuille, ces méthodes-là», soutient Nicole.

Pour Fannie Dagenais, nutritionniste chez ÉquiLibre, «Il y a une préoccupation excessive à l'égard du poids et les gens se tournent vers toutes sortes de produits et services amaigrissants, ce qui est très préoccupant.»

Les experts en nutrition ne sont pas seuls dans leur démarche. Des organismes comme le Collège des médecins et l'Ordre des infirmières appuient leur requête.